“Etre anti-Sarkozy ce n’est pas un programme municipal”. Pour une fois, je suis entièrement d’accord avec ce que vient de proclamer Michel Mercier, le patron du Modem à Lyon, qui dit clairement ce qu’il pense en abandonnant sa légendaire prudence. Dans le collimateur de Mercier : Azouz Begag, le candidat qui devrait normalement être désigné par les militants centristes pour représenter le Modem aux prochaines élections municipales à Lyon.
Mais le président du conseil général n’en veut pas car il le suspecte de n’avoir qu’un seul objectif : régler ses comptes avec Sarko. Effectivement, ça peut être une tentation pour Begag. Mais on se demande si Mercier est bien placé pour donner des leçons à Begag qui pourrait lui répondre sur le même ton qu’être ministre de Sarkozy, ce n’est pas non plus un programme municipal. Car, parait-il, le président du conseil général a un fantasme : entrer au gouvernement Fillon. Alors que Begag, lui au moins, a réglé ce problème après avoir été ministre de Villepin. Ce qui lui a permis de découvrir de près tous les “charmes” de Sarko.
On vous a bien dit que “normalement” Begag devrait être désigné par les militants centristes pour être le champion du Modem aux prochaines municipales. En fait, rien n’est moins sûr, vu que Mercier a décidé de lui barrer la route, coûte que coûte. Dans un premier temps, il a tout fait pour convaincre François Bayrou, le leader du Modem, de refuser ce jeu démocratique. En exigeant que ce soit lui et quelques notables qui choisissent le candidat. Mercier a été désavoué par Bayrou, mais visiblement, il n’a pas baissé les bras. Voilà pourquoi face à Begag, il pousse un inconnu mais qui est un de ses fidèles. Et il a mobilisé tous ses réseaux pour bloquer cette désignation qui est pourtant la seule solution pour que le Modem existe à Lyon. D’ailleurs un sondage réalisé par CSA pour Lyon Mag le donne largement devant tous les autres candidats. Il cartonne même chez les électeurs centristes qui le plébiscitent à 75% ! Et au premier tour des municipales, il ferait un joli score. Pourtant Mercier s’obstine. Il aurait même essayé en coulisse de monter une drôle de manip révélée par lyonmag.com en lançant un vrai faux candidat contre Begag !
D’ailleurs, au cours du débat organisé par Lyon Mag jeudi dernier avec Begag, les militants du Modem et notamment les jeunes, étaient très remontés contre Mercier. Et à mon avis si le président du conseil général continue, il va faire exploser le Modem. Vu que les centristes en ont marre de ses combines à deux balles. Azouz Begag n‘a pas hésité à expliquer pourquoi Mercier a peur de lui : “En fait, il estime que je suis incontrôlable. Ce qui est grave pour lui, car son objectif au fond, c’est de pouvoir tout contrôler”.
Philippe Genin, un des lieutenants de Dominique Perben le candidat UMP aux municipales à Lyon, vient de déclarer que l’alliance avec les millonistes lui posait un “problème”. Je ne sais pas si c’est vrai mais c’était dans le Progrès du week-end. En clair, l’ancien bâtonnier a un problème car il se voit mal sur les estrades aux cotés de Charles Millon ou de son “théoricien” Amaury Nardone. Et on le comprend car on peut être à droite sans pour autant se sentir proche de cette droite musclée. Rappelons que Millon et sa bande ont fait alliance avec le Front National en 1998 pour faire réélire leur champion à la tête du conseil régional. Et depuis, ils ne se sont jamais expliqué sur cette alliance, ni exprimé le moindre regret. D’ailleurs on soulignera au passage que Genin est le premier à protester contre cette alliance. Car à gauche comme à droite, c’est le silence. Consternant.
A propos de Genin, j’ai profité du week-end pour lire le bouquin qu’il vient de publier “Lyon pour la vie”. 150 pages étonnantes où il propose toute une série de projets pour Lyon. Parfois c’est intéressant notamment quand il suggère de casser cet horrible blockhaus devant la gare de Perrache, d’enterrer l’autoroute qui longe les quais du Rhône ou de déménager “la forteresse chimique” de Feyzin. D’ailleurs, tout le monde est d’accord, à droite comme à gauche. Le problème bien sûr c’est de financer ce genre de projet. Même son idée d’organiser les Jeux Olympiques à Lyon et Marseille en 2020 qui peut paraitre loufoque, mérite au minimum d’être étudiée. En revanche, ce “Lyon, pour la vie” vire parfois au naïf quand Genin nous explique qu’il veut refaire du 8 décembre une fête chrétienne ou quand il se lance dans de grandes tirades sur la poésie ou sur la nécessité de créer “un observatoire des luminosités souterraines”... Mais ce qui me gène le plus dans ce bouquin, c’est le style caricatural de Genin quand il se lance dans un éloge enflammé de Perben, sa stature extraordinaire, son expérience exceptionnelle... Tout en présentant Collomb comme un nul et un salaud qui n’a “rien fait pendant 7 ans”. Pas très crédible, ni convaincant. En attendant ce bouquin a le mérite d’exister. D’autant plus que c’est courageux d’écrire à une époque où plus personne ne lit. Espérons que du coté de Collomb, on aura droit aussi à un petit bouquin du même style. Car défendre un bilan, c’est bien, mais ça ne suffit pas. Car dans toute élection, il faut pouvoir rêver.
Encore un mot sur le quotidien économique Les Echos qui vient d’être raflé par Bernard Arnault, le patron de LVMH. C’est la loi du fric, estiment les cyniques en se moquant des journalistes qui se battent pour leur indépendance. Nous à Lyon Mag, on a tous signé une pétition de soutien à la rédaction des Echos, mais que faire de plus ? Une certitude, cette inconscience des “élites”, on finira par la payer cher car une démocratie est vulnérable sans une presse indépendante, donc crédible.
Allez à jeudi prochain. Et n’hésitez pas à réagir.









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