05-12-2007

Le blog de Philippe Brunet-Lecomte

Azouz Begag renonce. Spontanément j’ai envie de hurler : salaud Azouz ! Et croyez-moi, je ne suis pas le seul. Pourquoi ? Parce qu’il nous a fait rêver, l’animal. Rêver d’une élection municipale où il allait dynamiter le débat gauche-droite, mettre un peu de couleur, de fantaisie et de perspectives. Mais voilà, il baisse les bras après avoir enflammé les jeunes militants centristes. Et il renonce comme ça en direct sur Canal + sans prévenir personne. Sacré Begag !

Reste un dénommé Geourjon qui va être forcement désigné par les militants Modem puisqu’il est le seul candidat. C’est qui ce type ? Une créature de Mercier le malin qui une fois de plus a bien joué le coup. En faisant tout pour décourager Begag. Et on comprend qu’il ait craqué, l’artiste, face à un pro comme Mercier. Car il en avait marre des rumeurs, des combines, des coups tordus et des manipulations pour casser sa candidature. Une candidature qui gênait le président du conseil général qui n’a jamais aimé qu’on lui fasse de l’ombre. C’est comme ça que les centristes lyonnais ont tout perdu en quelques années : le conseil régional et la mairie. Et que logiquement ils devraient perdre le conseil général dans quelques mois aux élections cantonales. Reste à savoir s’il y a beaucoup de logique en politique. Surtout quand on est aussi malin que Mercier.

Un mot sur les médias lyonnais qui commencent à parler de l’affaire Lyon Mag. Tous ou presque mettent en valeur la version de Christian Latouche : Lyon Mag est au bord de la faillite et Latouche est le sauveur, c’est normal qu’il devienne le patron de Lyon Mag... Ce qui est drôle, c’est qu’aucun de ces journalistes n’a pris la peine de me passer un coup de fil. En revanche, ils ont tous eu longuement au téléphone Me Genin, l’avocat de Latouche. Et tous ont gobé son discours. Bien entendu, pas un seul n’a laissé entrevoir même avec prudence que derrière cette affaire, il pouvait y avoir une manipulation politique. Pourquoi ? Tout simplement parce que Lyon Mag n’a pas la cote dans les médias lyonnais. Parce qu’on ne rentre pas dans une case. Ni droite, ni gauche... Inclassable. Incontrôlable. Alors qu’au fond les journalistes lyonnais sont assez conformistes et toujours très légitimistes, du coté du plus fort. Ce qui confirme que Lyon Mag est indispensable à Lyon !

Un petit article m’a fait assez rire, celui de Lyon Capitale. Un anonyme raconte l’affaire Lyon Mag en annonçant que j’allais être viré de Lyon Mag parce que je suis incapable de faire gagner de l’argent à ce magazine. Et que c’était tout à fait normal.
On signalera pour ceux qui ne connaissent pas Lyon Capitale, que cet hebdo qui nous donne des leçons a déposé le bilan avant d’être racheté par un “grand” gestionnaire : Xavier Elie qui a conduit le Progrès au bord de la faillite. On précisera aussi que ce gestionnaire avait fait racheter Lyon Capitale par le Progrès quand il en était le patron. Et que pendant des années il l’a subventionné largement. Puis quand il a été viré du Progrès pour incompétence, il a racheté personnellement ce même Lyon Capitale pour deux sous. Avant de virer ses deux fondateurs qui le dérangeaient. Et transformer cet hebdo en gratuit qui roule aujourd’hui pour l’UMP. De quoi en effet nous donner des leçons !

On vient de boucler Lyon Mag avec plusieurs jours de retard. A cause du psychodrame Latouche. Mais c’est un bon Lyon Mag. Avec de bons sujets. Et Mercier en couverture, bien sûr, mais aussi un nouveau sondage sur les municipales assez étonnant... Rendez-vous en kiosque lundi. Mais surtout continuez à réagir à ce blog. Et n’oubliez pas la grande fête qu’organise Lyon Mag lundi 17 décembre à partir de 19 h au Koodeta.

 

Commentaire

RIFOINFOIN

BEGAG est comme tout le monde, c'est un homo-economicus qui cherche à maximiser son intérêt tout en minimisant les contraintes subies. Il a du mettre en balance d'un coté la campagne municipale qui s'annonçait comme un vrai combat avec peu de chance d'arriver en tête et de l'autre ses perspectives professionnelles avec de belles opportunités outre-atlantique. Le choix de la raison (économique) s'est imposé pour lui. Restait alors à mettre en scène cette décision et là Begag est très fort : moi je suis le gentil et le rigolo, le méchant c'est l'autre Sénateur et en plus il a une armée contre moi, etc etc tout ça en direct sous les projecteurs parisiens. A moins qu'il est négocié en secret une place bien plus confortable sur les listes de Collomb....

Pierre

La manip' serait bel et bien programmée, la voici expliquée ! La négo entre Mercier et l'UMP serait la suivante : au tout dernier moment, prétextant une raison technique (budget trop court, ou autre raison) coup de théâtre, Mercier ne dépose pas de liste MoDem, laissant alors le champ totalement libre à Perben. En échange, Mercier obtient un portefeuille de ministre dans le prochain gouvernement, il en aurait eu l'assurance de Sarkozy lui-même hier. On croirait du Machiavel. Si cela se produit, qu'en penseront - les adhérents Modem venus du centre gauche - Bayrou A suivre, cette municipale lyonnaise promet d'être assez passionnante, et très politicienne, au plus mauvais sens du terme.

Julia

Il est vrai que le retrait d' Azouz Begag est un peu une surprise; pas tant en ce qui concerne l'influence de Mercier sur cette décision mais beaucoup plus en ce qui concerne le personnage d' Azouz Begag lui-même : allez crier sur tous les toits qu'il ne faut pas se laisser faire, que le MoDem a ses chances surtout sur Lyon, dénoncer la Sarkozyie ambiante (à juste titre), tout ça pour finalement se retirer en cati mini sur Canal+ ! Franchement est-ce bien sérieux tout ça? Quelqu'un a pensé à dire à Azouz Begag que la politique c'est un milieu de requins et qu'il serait temps pour lui d'en prendre conscience? Mais bon je ne vais pas trop l'accabler car il était le seul à représenter réellement quelque chose de neuf sur lyon et c'est vraiment dommage qu'il se retire. Juste une dernière question légitime : que fait Bayrou ?

alain49

Bonsoir mes amis de Lyon, Vous n'êtes pas les seuls dans ce cas. Non, non, non, l'UDF n'est pas mort et François Bayrou n'interviendra pas. A Angers, les MoDem ont été mis sous le boisseau et, depuis juin, le leader de l'UDF-MoDem avait pactisé avec le Président du Conseil Général UMP. Il a bidouillé un simulacre de vote, avec 1/4 des adhérents MoDem covonqués à une réunion pour entériner son ralliement à la liste UMP, au 1er tour. Pourtant aux dernières présidentielles, François Bayrou avait fait 24% des voix. Je pense que + de 60% des MoDem ne soutiendront pas la liste UMP et l'éclatement du parti est annoncé!. L'UDF s'est refait une santé sur le dos des MoDem et grâce à François Bayrou. C'est ça la charte des valeurs et l'éthique politique !. Bon courage à vous. http://zen-fiatlux.blogspot.com

Black

Begag doit revenir dans la bataille des municipales. Car je vois mal le Modem aller à la bagarre avec Geourjon ! En tout cas, je suis électeur centriste et je n'accepterai pas cette manip de Mercier. Je me demande même si Bayrou ne doit pas intervenir ! Car Mercier déconne grave !

Réponse de Lyon Mag

C'est vrai que le petit article de Lyon Capitale est signé par des initiales. Mais personne n'est dupe, c'est Xavier Elie, le patron de cet hebdo, qui a initié et validé ce texte. Voilà pourquoi Ph.B.L. a voulu faire ce clin d'oeil en affirmant que c'est un article anonyme !

Tif

Désolé de vous contre-dire, mais l'article de Lyon Capitale est bel et bien signé. Dans l'édition papier et sur internet.

Memo

Lyon Cap’ joue les gaucho sur quelques sujets symboliques style les étudiants, les grèves, l’environnement... Mais il ne faut pas oublier le rôle que cet hebdo à chercher à jouer dans le contexte politique lyonnais. Et là, on ne peut pas dire qu’ils ont poussé la gauche ! Au contraire ! Aux municipales de 1995, ils pensaient que Chabert succéderait à son chef, Michel Noir. En 2001, re-belote, ils ont soutenu à fond Chabert, même quand la justice a commencé à l’avoir dans le collimateur. Aujourd’hui, ils recommencent à jouer les types de gauche qui aiment bien une certaine droite. Ça ne vous rappelle pas un avocat ? Leurs interviews de Perben sont aussi complices que les interviews de Chabert et Noir en leur temps. Mais bon, ils ont fait preuve de leur sens politique ! Comme on le sait, Chabert a été élu maire de Lyon en 1995 et 2001. Perben doit-il être vraiment rassuré par leur complaisance ?

Hervé

Philippe, Vous n'êtes pas forcément très sympathique, plutot megalomane et égocentrique. Mais votre journal mérite de continuer à exister justement parce qu'il embarasse les notables du coin. Cordialement.

christine

@ laurent : je n'ai jamais été censurée par Lyon Mag malgré mes prises de position assez dures par moment. Ils dérangent justement par la liberté d'expression que l'on sur les questions d'actualité a et leur façon de montrer le vrai visage de certaines personnalités lyonnaises, qui évidemment n'apprécient pas
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