17-01-2008

Le blog de Philippe Brunet-Lecomte

Collomb à 58%, Perben à 42%. C’est le résultat d’un sondage réalisé par l’IFOP qu'a publié Paris Match jeudi. A Lyon, les “experts” ont l’air surpris. Il faut dire que depuis des mois, les réseaux UMP font une sacrée intox à Lyon en annonçant une victoire possible de leur champion. Du coup, la mayonnaise commençait à prendre.

Pourtant les sondages ont toujours donné Collomb gagnant. Exemple, le dernier sondage CSA publié par Lyon Mag donnait le maire de Lyon à 52% et son challenger UMP quatre points derrière. C’était en novembre dernier. Mais Perben expliquait que c’était un sondage acheté par Collomb ! Il avait même demandé qu’on réintègre le prix de ce sondage dans les comptes de campagne du maire de Lyon...
Depuis on a sondé les quatre arrondissements lyonnais qui peuvent aujourd’hui basculer à droite. Et chaque fois Perben est battu par Collomb, sauf dans le 3ème où ils sont à égalité. Et là encore Perben et sa bande expliquaient que c’était des sondages bidons.
Et voilà le sondage de Paris Match. Cette fois, on n’entend plus Perben. Il faut dire qu’il doit être sonné. 16 points de retard, c’est pas rien. D’autant plus que Collomb frôle les 50% au premier tour ! Là ça frise le ridicule. Mais Perben ne peut pas reprocher à Match d’être un magazine de gauche !
Alors, que retenir de ces chiffres ? Il faut bien entendu rester prudent avec les sondages qui donnent une indication, une tendance. D’autant plus qu’il reste encore deux mois avant cette élection municipale. L’opinion peut donc évoluer, Collomb faire une grosse connerie ou Perben se réveiller tout à coup. Même si ça parait peu probable.
D’abord parce que Collomb a un bon bilan et qu’il vient à peine de lancer sa campagne. Et que sur le terrain, il n’est pas mauvais, toujours assez direct, simple, convivial, nature... Ensuite parce que le candidat de l’UMP a une image trop droitiste pour s’imposer à Lyon qui reste une ville modérée. La grosse bêtise qu’il a faite, c’est cette alliance avec la droite musclée, les millonistes et les villiéristes. Même chez certains élus UMP, ça ne passe pas toujours très bien alors qu’il y a un rejet chez les électeurs centristes. Et puis il y a l’image personnelle de Perben : trop rigide, trop énarque, haut fonctionnaire, parisien... Pas vraiment lyonnais, au fond.
Bref, pour Perben, ça va être dur. Il risque même de se prendre une claque assez magistrale. D’ailleurs, dans le prochain Lyon Mag, vous aurez droit à un nouveau sondage. Et à mon avis, il va confirmer la tendance.

79% des Français
affirment qu’ils iront voter aux prochaines élections municipales “en pensant plutôt aux enjeux qui concernent leur ville”. C'est un autre sondage que vient de publier cette fois Le Parisien. Alors que Sarkozy a au contraire décidé de politiser ces élections en essayant de leur donner un enjeu national. On en a déjà parlé dans le blog. Mais on répétera simplement qu’il faut vraiment être aveugle pour ne pas comprendre qu’une élection locale se joue sur la proximité, le quotidien, le contact... Et sur le terrain, les hommes pèsent plus lourds que les idéologies. En tout cas, cette stratégie, Sarko risque de la payer cher aux municipales. Perben aussi. D’autant plus que Sarko est en train de baisser dans les sondages. Il a déjà passé nettement en dessous de la barre des 50% et visiblement il va continuer à s’enfoncer. Car les gens en ont marre de son cirque.

Allez à lundi prochain. Et continuez à envoyer vos mails. Mais surtout méfiez-vous des rumeurs et des intox. Dans les semaines qui viennent, ça va être le festival.

 

Commentaire

Pierre69

suite aux sondages, qui Perds Siste, Perds Ben à Lyon! le parachutage est malvenu; la chute risque d'être douloureuse à moins qu'un autre candidat Ump sauve au moins la face...

Eric

je crois que je vais voter pour Edouard Herriot, c'est un très bon maire et il fait beaucoup pour la laïcité

Caton de Lyon

Les écarts sensibles que laissent apparaître ces sondages démontrent surtout qu’une partie considérable de l’électorat du centre et de droite : - 1 / apprécient l’action de Gérard Collomb en tant que maire et souhaitent le conserver comme premier magistrat, - 2 / que le fait d’avoir imposé Perben aux Lyonnais, d’avoir laissé dégager les représentants de la droite locale déjà présents pour s’allier avec d’ancien compagnons d’armes de l’extrême droite est une impasse. Les Lyonnais sont en train de réaffirmer leur indépendance d’esprit et leur liberté de choix et au regard du champ des possibles pour ce mois de mars, tant mieux pour Lyon et dommage pour la droite et le centre. Même si cela me chagrine pour mon camp politique auquel il aura fallu 7 ans pour comprendre que les divisions personnelles sont une source d’échec électoral. Il lui faudra 6 ans de plus pour entendre que des manœuvres ourdies hors de Lyon et des alliances politiques méprisant certaines valeurs républicaines sont une nouvelle assurance de défaite. On ne rachète pas une erreur avec une faute

Bernard

@Roger Vu que vous avez connu Augagneur (fin XIX°-début XX°), je comprends bien pourquoi vous ne voterez pas aux élections municipales de 2008. Les morts ne votent pas ;-)

dupont

J'ai voté pour SARKO mais je ne voterai pas pour PERBEN. Afin de dénoncer des illégalités inadmissibles commises par la Mairie de Lyon dans la délivrance des documents d'identité (je suis juriste de formation), j'ai demandé à M. PERBEN une entrevue . Sa secrétaire n'a jamais donné suite à cette demande, ce que j'ai dénoncée au Président de l'Assemblée Nationale et au Président de la République qui m'ont opposé la langue de bois. M. Perben est un haut fonctionnaire, à des années-lumière des problèmes quotidiens vécus par les citoyens. Quant à l'autre, je ne voterai pas non plus pour lui. La ville de Lyon est aujourd'hui victime du centralisme historique de Paris et cette latrophie administrative imposée volontairement qui nuit à son rayonnement économique international et à sa place réelle dans le pays. Il est insupportable de voir cette agglomération morcellée, divisée, affaiblie en 52 communes sans aucune rupture d'habitat. Quand donc un Maire de la trempe de AUGAGNEUR se représentera-t'il ici pour qu'au moins la capitale des Gaules retrouve sa place et ses 20 arrondissements ?

R. Perrin

Ce sondage IFOP traduit bien ce que l'on ressent depuis des mois quand on parle avec les lyonnaises et les lyonnais. On rencontre peu de gens, même de droite, prêts à voter pour Perben qui, il est vrai, a commis plusieurs erreurs. D'abord, avoir voulu gommer son image de parachuté en se faisant passer pour un élu lyonnais soi disant présent depuis toujours à Lyon. Lui qui a été trois mandats maire de chalon, forcément, on a du mal à y croire. Secondo, avoir écarté avec un certain mépris de nombreux élus lyonnais situés à droite dans l'échiquier politique, mais dans une mouvance plutôt centriste appréciée des habitants de cette ville qui a eu Edouard Herriot, Louis Pradel et Raymond Barre comme maires. Tertio, cette alliance avec les villiéristes, puis ensuite les millonistes : comment espérer rallier les électeurs centristes dans une ville qui n'a jamais oublié le traumatisme de 1998, quand Millon s'alllait avec le FN ? De son coté, Collomb a toujours été ouvert à tous les lyonnais, de toutes sensibilités, sans dogme, avec pragmatisme, emmenant Lyon dans des sommets auparavant jamais atteints. Rien d'étonnant donc à voir aujourd'hui sa cote de popularité exploser.

Pierre Dimaine

La jolie lettre de Mr François de Sars ne releve pas le vrai problème de ce sondage, qui est que les questions etaient orientées et que l'on ne pouvait répondre que favorablement. "Considerez-vous que l'OL contribue beaucoup, peu, etc...a faire parler de Lyon et sa région" qui répondrait "pas du tout"? Idem sur le financement, qui répondrait "par la collectivité". De plus il me semble qu'IPSOS voyait Bayrou au second tour de la présidentielle......

François de Sars / Ipsos

Droit de réponse d’Ipsos sur l’enquête Grand Stade Accordez à Ipsos, que vous qualifiez « d’institut réputé » (pour mémoire co-leader en France et 3ème société mondiale d’enquêtes par sondage) le droit de voir publié dans votre blog les précisions et réflexions suivantes. Il ne nous appartient pas de nous ingérer dans les contentieux que Lyon Mag peut avoir avec tel ou tel, mais il nous appartient de réagir aux critiques infondées sur l’enquête Grand Stade, que nous avons réalisée du 3 au 7 décembre 2007. Il y a une très grande cohérence dans les résultats de cette étude, le consensus que nous avons mesuré sur le projet de Grand Stade ne peut être contesté (le contenu précis du projet avait été rappelé dans le corps du questionnaire avant que ne soit posée la question). Dans l’échantillon que l’on a interrogé (1019 habitants du Grand Lyon), il n’y a pas que des « mordus » du football, et de loin. En effet, alors que 46% disent s’intéresser beaucoup ou assez au football (par moitié environ sur chaque modalité), 14% disent ne pas beaucoup s’y intéresser et 40% pas du tout, soit 54% au total. Une des questions intéressante à se poser est donc de savoir pourquoi le niveau d’adhésion au projet de Grand stade (76%) dépasse très largement la proportion de personnes déclarant s’intéresser au football. En particulier, l’on note que parmi ceux ayant dit ne pas s’intéresser du tout au football, 66% se déclarent soit très favorables soit assez favorables au projet de Grand Stade. Pourquoi ? Parce que la pression médiatique relative au football est élevée et que l’opinion est consciente que Lyon bénéficie du « bruit médiatique » du club de football éponyme : pour 92% des interviewés, l’Olympique Lyonnais contribue à faire parler de Lyon et de sa région en France (dont 67% pensent qu’il y « contribue beaucoup ») et même 83% de ceux qui déclarent ne pas s’intéresser du tout au football partagent cette opinion. Pour 74%, le club contribue à cette notoriété à l’étranger, opinion partagée même par 57% de ceux qui déclarent ne pas s’intéresser du tout au football. Pourquoi encore ? Parce que les habitants du Grand Lyon sont sensibles au fait que le Grand Stade pourrait constituer un levier de développement et d’attractivité en faveur des communes de l’est lyonnais : avec un très fort taux d’adhésion (76% à 85%) l’on considère que c’est une bonne chose de faire bénéficier ces communes des retombées économiques attendues, que le projet accélèrera la mise en place des infrastructures et transports en commun, etc. En outre, pour les « aficionados » (ceux qui regardent régulièrement des matches de football à la télévision, soit environ 40% de l’échantillon), pour près de 9 sur 10, le Grand Stade répond à la nécessité pour l’Olympique Lyonnais de disposer d’un stade plus adapté aux besoins et ambitions du club. En revanche, et en toute objectivité, l’enquête a également souligné qu’auprès de la population des 3 communes de proximité (Décines, Chassieu et Meyzieu) même si l’adhésion était bien une réalité, elle était moins prononcée (62% au lieu de 76% pour l’ensemble de la population du Grand Lyon) et révélait des besoins réels d’information et de réassurance de cette population sur certains aspects du projet (sécurité sur et autour du site, accès au site, préservation de l’environnement). Ipsos revendique la paternité de l’ensemble des résultats et analyses publiées dans le dossier de presse du 9 janvier 2008 et tient à souligner la volonté de transparence de son commanditaire, le groupe Olympique Lyonnais, par rapport à cette publication. Lyon, le 17 janvier 2008
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