Dominique Perben hospitalisé pour plusieurs jours. En pleine campagne des municipales, ça la fout mal. Il faut dire que le candidat UMP venait de prendre deux sondages catastrophiques qui lui donnent 42% des suffrages aux deuxième tour contre 58% pour Collomb. De quoi provoquer une petite déprime ?
Pas du tout, Perben va être opéré d’un décollement de la rétine. Une opération sans gravité. Grave ou pas, on lui souhaite bien sûr d’être rapidement sur pied. En revanche, c’est l’occasion pour Lyon Mag de protester. Car cette hospitalisation a été annoncée par son QG de campagne, vendredi après-midi, à 17h30 très exactement. Un communiqué envoyé à toute la presse lyonnaise. Sauf à Lyon Mag, ce qui d’ailleurs ne nous a pas empêché d’être informés quelques minutes plus tard. Pourquoi ce boycott ? Tout simplement parce que Perben l’a décidé. Résultat, on n’est jamais invité à aucune conférence de presse, on n’a droit à aucun communiqué et c’est quasi impossible de l’interviewer... A plusieurs reprises, on a protesté auprès de l’UMP contre ce boycott. Mais chaque fois, on nous répond d’un air angélique : “Mais on ne vous boycotte pas”. Et le boycott continue. Du coup, il y a quelques semaines on a alerté plusieurs élus UMP un peu ouverts comme Patrick Huguet, le maire du 3e arrondissement ou François-Noël Buffet, le sénateur-maire d’Oullins. Tous ont trouvé ce boycott stupide en nous promettant d’intervenir. Mais depuis, toujours rien. Le boycott continue.
Au fond, c’est assez conforme au style UMP qui s’est encore affirmé avec Sarkozy : les médias sont soit amis, soit ennemis. Et ils sont traités en conséquence. Tout un art plus ou moins subtil fait de pressions, de menaces ou à l’inverse d’invitations, de privilèges... Mais à Lyon, l’UMP ne fait pas dans la subtilité. On boycotte. Car Perben considère que Lyon Mag est un ennemi. C’est vrai que Lyon Mag ne s’est jamais gêné pour critiquer Perben et notamment son parachutage raté, son style un peu rigide... Normal. D’ailleurs vu les sondages on n’est pas les seuls à penser ça. Même si nous, on n’a jamais boycotté l’UMP dont les élus ont toujours eu droit à la parole dans Lyon Mag, y compris Perben.
En fait, ce que Perben ne pardonne pas à Lyon Mag, c’est d’avoir révélé l’affaire Aubert. Ce scandale qui a permis de découvrir que son directeur de campagne quand il était maire de Chalon sur Saône avait détourné plusieurs centaines de milliers d’euros alors qu’il était administrateur judiciaire, c’est-à-dire chargé de gérer des entreprises en difficulté. Du coup, on s’est interrogé en posant une question simple : est-ce que cet argent a servi à financer ses campagnes ? Perben a toujours refusé de s’expliquer sur cette affaire dont la presse lyonnaise et notamment le Progrès a toujours refusé de parler. A méditer. En attendant, on souhaite à Perben de profiter de son hospitalisation pour réfléchir. En se demandant si c’est bien logique dans une démocratie d’interdire un média même quand on le juge trop critique.
Vous allez me dire vous avez raison mais quand même vous êtes bien gentil avec Collomb ou avec Begag alors que vous bastonnez systématiquement la droite et notamment Perben. Faux, archi-faux. On a toujours bastonné la droite comme la gauche. Et le centre. Begag, par exemple, on l’a critiqué durement quand il était ministre de Villepin. La gauche lyonnaise, on la critique régulièrement. Même chose pour la gauche. Demandez à certains élus du genre Daclin ou Moustache ou encore Bret, Gerin... C’est même nous qui avons révélé le scandale de Saint Fons dans lequel sont mouillés plusieurs cadres du PS lyonnais. D’ailleurs, ils n’ont toujours pas digéré. Et Collomb ? Collomb aussi on n’a jamais hésité à le critiquer. Exemple, dans le dernier Lyon Mag, je cite une petite phrase au hasard d’un comparatif Perben-Collomb : “Il est capable de bafouiller, de prendre un air limite benêt ou de piquer une belle colère”.
Ce qui est assez vrai. Et ce qui l’a agacé, parait-il. Quand il présentera ses vœux à la presse quelques jours plus tard, il citera cette petite phrase dans son discours. Mais la différence avec Perben, c’est que lui, il se marrait.
C’est vrai que ce n’est pas facile d’être critiqué dans la presse. Mais dans une démocratie, c’est le minimum d’accepter la critique.
Allez à jeudi. Et n’hésitez pas à réagir en envoyant vos mails. Bien entendu, on sélectionne en évacuant les mails d’insultes ou qui accusent sans preuve et sans argument. L’objectif étant d’engager un vrai débat.









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Réponse de Philippe Brunet-Lecomte à Lyonnaisdecoeur
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