Enfin ! On se disait que personne à droite n’aurait le courage de se lever pour dénoncer l’accord que Dominique Perben a signé avec les millonistes. Et bien, Michel Noir, a osé. Dans une interview publiée vendredi dernier par le Progrès, l’ancien maire de Lyon dit tout haut ce que pensent un certain nombre d’élus, notamment à droite. C’est-à-dire que le candidat de l’UMP aux prochaines élections municipales à Lyon a fait une grave erreur en faisant alliance avec les millonistes.
Une erreur stratégique, insiste Michel Noir en expliquant que Perben s’est droitisé en s’associant avec les partisans de Philippe de Villiers mais surtout de Charles Millon, qui s’était fait réélire président du conseil régional en 1998 avec les voix du Front National. Du coup, il s’est coupé de l’électorat modéré alors qu’à Lyon, une élection se joue toujours au centre. Une évidence. Et il était temps que cette analyse toute simple soit défendue publiquement par un homme de droite.
Mais c’est aussi une faute morale, ajoute Noir, qui est devenu célèbre dans les années 90 en affirmant qu’il préférait perdre une élection que perdre son âme.
Alors faut-il féliciter Michel Noir pour son courage ? On est évidemment tenté de le faire, sans réserve. Et pourtant, il faut quand même se poser quelques questions.
D’abord, sur l’analyse, c’est évident, Noir a raison. Cette alliance de Perben avec la droite musclée est à la fois une erreur et une faute. C’est même étonnant qu’à droite personne n’ait dénoncé cette stratégie avec vigueur.
En revanche, c’est surtout très étonnant que Michel Noir ne l’ait pas fait avant. Car cette alliance, Perben ne vient pas de la conclure. Depuis qu’il a été parachuté à Lyon au cours de l’été 2003, il drague les millonistes. Et il ne l’a jamais caché, au contraire. De plus il a signé cet accord depuis des mois. Du coup on se demande bien pourquoi Noir se réveille tout à coup. Alors qu’on l’a vu parader dans plusieurs manifestations publiques aux cotés de Perben et des millonistes. D’autant plus qu’aujourd’hui son intervention est spectaculaire, à quelques semaines des élections municipales. Et il le sait bien : c’est un coup de poignard dans le dos de Perben vu que les sondages le donnent déjà largement battu par Gérard Collomb.
Du coup, sans vouloir défendre ce pauvre Perben, on dira simplement qu’au fond c’est tout à fait dans le style de Michel Noir qui fait encore illusion aujourd’hui chez certains Lyonnais qui ont la mémoire courte. Car on imagine que c’est un type qui a des convictions, des valeurs... Mais ceux qui connaissent un peu le bonhomme ne se font plus d’illusions. On ne va pas revenir sur l’affaire Botton mais l’ex-maire de Lyon a eu de la chance que la justice ne soit pas très curieuse, ni très déterminée. Car l’affaire ne se résumait pas à quelques costards et un violon offerts par son genre. En succédant à Noir, Raymond Barre a préféré tourner la page. Mais il y avait largement de quoi envoyer en prison l’ancien maire de Lyon. Car derrière, les clowneries de Botton, il y avait le gigantesque chantier du périphérique nord, des mallettes de billets, des comptes en suisse... Il suffisait de creuser un peu. Et là on aurait découvert que celui qui ne voulait pas perdre son âme avait fait mieux, il avait perdu la tête.
Voilà pourquoi il serait bien naïf d’applaudir Michel Noir qui une fois de plus, cherche à se faire passer pour un petit saint. Mais qui est assez machiavélique. Car s’il a fait ce mauvais coup à Perben, c’est simplement parce qu’il a compris que Perben était foutu et qu’il ne serait jamais élu maire de Lyon. Du coup, il l’enfonce en lui donnant des leçons de morale. Cela confirme que Noir adore ce genre de coup tordu. C’est plus fort que lui. Comme le scorpion, il pique, parce qu’il est scorpion. Et se donnant des airs de papillon.
Longue discussion au téléphone avec le Lyonnais René Ricol, l’ancien président national des experts comptables. Un vieil ennemi de Lyon Mag avec qui on a d’ailleurs été en procès. Mais c’est un type ouvert, intelligent. Spontanément, il propose de nous aider dans notre conflit avec Christian Latouche. Il connaît très bien le personnage. Intéressant.
“Quand j’ai quelqu’un en face de moi, je me demande toujours de quel côté il aurait été pendant la dernière guerre. Résistant ou collaborateur ?” m’explique Ricol. Essayer vous verrez, c’est marrant. Vous trouverez bien sûr une écrasante majorité de collabos.
Un candidat aux élections municipales à Bron promet que s’il est élu, il donnera 300 euros à tout le monde, y compris à ceux qui n’auront pas voter pour lui. Son objectif : défendre concrètement le pouvoir d’achat. Bien entendu, tous les autres candidats qui se sont contentés de promesses assez vagues sur le pouvoir d’achat lui sont tombés dessus. Il parait même que la justice va être saisie. Et que ça va lui coûter cher. Car c’est interdit de promettre du fric aux électeurs. Ce qui est assez étonnant car tous les candidats de gauche comme de droite, font de belles promesses à leurs électeurs. Des promesses pas toujours tenues. Et s’il fallait que la justice sélectionne les promesses sérieuses, à mon avis il faudrait rouvrir des tribunaux.
Magali et Martin vient de fêter son deuxième anniversaire. Et ce petit restaurant, situé en bas des pentes de la Croix Rousse, est toujours aussi bon. Et pas trop cher.
Une cuisine toute simple et raffinée avec beaucoup de poissons, des légumes... En plus c’est toujours léger et assez créatif. Un établissement tenu par un couple franco-autrichien très sympa. L’essentiel dans ce métier, c’est de durer. C’est bien parti.
Tête à tête avec François Sapy, le rédacteur en chef de l’hebdo lyonnais Tribune, qui prépare un article sur Lyon Mag et notre conflit avec Latouche. Je pensais que ça durerait un quart. d’heure Mais on discutera pendant deux heures. Il n’aime pas trop Lyon Mag, je le sens bien à travers ses questions. Comme la plupart des journalistes lyonnais qui ne comprennent pas notre style engagé, agitateur, anticonformiste... Je lui explique qu’on se sent assez proche de Marianne et qu’on ne croit plus depuis longtemps à cette fameuse objectivité journalistique mais qu’on préfère des valeurs comme l’honnêteté ou le courage... Je ne sais ce qu’il aura compris de mon plaidoyer pour l’indépendance de Lyon Mag. Mais je crois que c’est un type honnête. D’ailleurs, avec son équipe, il s’est bien battu pour résister à la petite maffia qui a tenté de le couler en lui interdisant de publier des annonces légales. En tout cas, je lui ai fait confiance en lui disant ce que je pense, sans détour et sans prudence.
Allez à jeudi prochain. Et surtout n’hésitez pas à réagir en envoyant vos mails.









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