Michel Mercier, le président du conseil général, a tenté de négocier discrètement avec l’UMP comme avec le PS depuis l'annonce des résultats du 1er tour des cantonales dimanche soir. Mais ces deux partis n’ayant pas obtenu d’engagement clair de sa part sur d’éventuels désistements réciproques, ils ont donné consigne à leurs candidats de déposer leurs candidatures avant la date limite de dépôt fixée à ce soir. Du coup, la situation semble assez confuse.
Dans le canton d’Ecully, la centriste Michel Vullien, maire de Dardilly, en difficulté face à l’UMP Eric Poncet, a reçu le soutien du candidat socialiste François Everat, qui a recueilli 13% des voix au 1er tour. Du coup, cette élue pourrait sauver son siège même si cela s’annonce serré. “Mais ce soutien ne rentre pas dans un accord global PS-Modem. On avait envisagé de soutenir Michèle Vullien depuis longtemps car au PS, on apprécie cette élue”, a déclaré à lyonmag.com François Everat qui dénonce au contraire “l’inaction et l’inefficacité d’Eric Poncet comme adjoint à la qualité de vie à la mairie Ecully”. Mais Michèle Vullien ne souhaite pas faire de commentaire sur ce soutien. "C'est très bien mais les voix des électeurs n'appartiennent à aucun parti. Si des électeurs UMP veulent aussi voter pour moi, je suis d'accord. Car mon adversaire a multiplié les mensonges dans cette campagne."
D’ailleurs, dans le canton de Tassin, le candidat du PS Maurice Guibert n’a aucune nouvelle du candidat Modem Jean-Baptiste Rio. “Je l’ai contacté mais il m’a dit qu’il attendait les consignes du grand chef c’est-à-dire de Michel Mercier !”, affirme Maurice Guibert, adjoint chargé de l’urbanisme du maire PS de Francheville. Cet élu de gauche non encarté estime avoir ses chances au second tour à condition de bénéficier d’un bon report des voix des Verts qui ont fait près de 15% des voix au premier tour mais aussi de recueillir “au moins la moitié des voix centristes”.
En revanche, dans le canton de Saint-Genis-Laval, le Modem Guy Boisserin qui a raté de peu la qualification pour le second tour, a décidé de ne donner “aucune consigne de vote”. Mais là aussi, ce sont bien ses électeurs centristes qui vont être les arbitres du second tour. Si une majorité penche à gauche, le candidat du PS Marcus Enyouma a ses chances. Sinon, le candidat UMP Christophe Guilloteau, qui bénéficie d’une notoriété nettement supérieure car il est déjà député, sera élu. Enfin dans le canton de Limonest, l’UMP Claudine Frieh a décidé de déposer sa candidature même si elle a été distancée au 1er tour par le centriste Max Vincent, maire de Limonest. “L’UMP m’a demandé cette après-midi si je retirais ma candidature mais je l’avais déjà déposée à 13h”, précise cette élue. Mais avec 42,07% des voix au 1er tour, Vincent part quand même favori même si le socialiste Pierre Robin maintient sa candidature.
Au final, le PS devrait quand même sortir renforcé de ces élections cantonales. En effet, il est favori dans les quatre cantons de Lyon encore en jeu pour le second tour mais aussi à Décines où il a obtenu hier le soutien du Modem. Et il pourrait aussi gagner le canton de Tassin, voir créer la surprise à Saint-Genis-Laval. Avec 22 ou 23 élus, il deviendrait alors le principal parti du conseil général. Avec les trois élus communistes, il totaliserait donc 25 ou 26 sièges. Mais cela ne suffirait pas à la gauche pour avoir la majorité puisque le département compte 54 sièges. Bref, la gauche resterait toujours à la merci d’un éventuel nouvel accord de Michel Mercier avec l’UMP.









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