13-03-2008

Le blog de Philippe Brunet-Lecomte

Le grand chelem pour Collomb à Lyon ? Certains lèvent les yeux au ciel en estimant que c’est une hypothèse absurde. Souvent les mêmes qui nous expliquaient il y a à peine quelques semaines que Perben pouvait encore être élu maire de Lyon.

Bien sûr que ça ne sera pas facile pour le maire de Lyon de rafler tous les arrondissements. Surtout les deux plus bourgeois du 2ème et du 6ème. Mais rien n’est impossible. D’autant plus que face aux listes d’ouverture de Gérard Collomb, on retrouve une droite musclée et radicale squattée par les millonistes. A un point près ces deux arrondissements peuvent basculer. Il suffirait d’un rien, une petite mobilisation des gens raisonnables.

Et Michel Mercier ? Comme prévu, le président du conseil général est menacé. Car après le deuxième tour, il risque de se retrouver à la tête d’une poignée d’élus seulement. Du coup, il sera obligé de conclure une alliance pour être réélu président. A gauche ou à droite ? Il ne répond pas. Pas une déclaration, le soir du premier tour. Certains journalistes ont tout de même insisté. Ils se sont fait jeter, brutalement. Et depuis, pas un mot. Il se planque. Alors que tout le monde s’est expliqué clairement, à gauche comme à droite. Mercier lui reste muet, absent... Ce silence, quel mépris pour les électeurs qui ont quand même le droit de savoir pour qui et pour quoi ils votent quand ils votent pour Mercier ou un de ses candidats. Mais en coulisse, il est actif, très actif, parait-il. Et il s’accroche à son fauteuil. Promettant beaucoup. Tout et l’inverse. Mais toujours prudent, toujours subtil. Gardant toujours une porte ouverte pour pouvoir s’échapper au moment décisif. Sacré Mercier ! Un politicard à l’ancienne. Tout ce que détestent les jeunes militants du Modem qui se sont d’ailleurs rebellés contre ce genre de méthodes.
Le pire c’est que ça dure depuis plus de 20 ans. Et apparemment, des types comme Mercier, c’est pas facile à dégommer. Au contraire. D’ailleurs, cette fois encore, il risque de rouler tout le monde dans la farine. Et de rempiler. A moins d’une surprise. Espérons.

“Perben, casse-toi !” On a reçu des dizaines de messages de ce genre sur notre site depuis dimanche. Je n’ai jamais aimé Perben et je n’ai jamais hésité à le dire. Mais aujourd’hui, pas la peine d’en rajouter. En plus, exiger qu’il se “casse” c’est un peu facile pour Dominique Perben. Car le plus dur aujourd’hui pour lui, ce serait au contraire de rester à Lyon. Pour reconstruire cette droite lyonnaise, alors que Collomb est seul, triomphant... Et qu’une vraie opposition est indispensable.

Amaury Nardone a pris une gifle, le soir du premier tour, au QG de Perben. Une jeune militante UMP exaspérée par les méthodes de ce milloniste tendance FN qui, en plus, est convaincu d’être génial. D’ailleurs, la question que je me pose c’est : pourquoi une seule gifle ?

Certains fidèles de ce blog me demandent si j’ai changé d’avis et si après avoir voté Modem au premier tour, je suis toujours décidé à voter Collomb au deuxième tour. Je n’ai pas changé d’avis. Pourtant, je vote dans le 2ème arrondissement où Nadine Gelas, la tête de liste Collomb, me donnerait plutôt envie d’aller à la pêche ! Mais je vais faire un effort. D’autant plus que je me vois mal faire le jeu d’un milloniste.

Décevant. Le leader de la liste centriste, Eric Lafont refuse de choisir entre la droite et la gauche pour le deuxième tour des municipales à Lyon. Alors que Bayrou a fixé une ligne simple : le cas par cas. C’est à dire soutenir au deuxième tour un candidat en fonction de son programme, de son équipe, de son positionnement politique... En boycottant les sectaires de droite et de gauche. Or à Lyon, le choix est facile à faire entre une droite musclée tendance milloniste et une gauche ouverte tendance centriste. D’ailleurs Lafont a tenté de s’expliquer. Et franchement j’ai rien compris. Mais je ne l’ai pas senti très à l’aise. Lui qui a été plutôt clair et incisif pendant cette campagne, là c’était nul. Prudent, habile... On aurait dit du Mercier !

Jean-Paul Bret a fait un bon score (46,5%) au premier tour des municipales. Alors que son adversaire UMP, Henry Chabert a pris une sacrée claque (23,8%). D’ailleurs, il n’était pas vraiment sexy ce face à face entre un socialiste assez sectaire et un noiriste ripou. On comprend pourquoi le Modem Richard Morales a fait un joli score (14,5%). Même s’il espérait mieux. En tout cas, ce qui a été frappant après le premier tour, c’est le refus brutal de Bret de conclure une alliance avec Moralès. Son argument : j’en ai pas besoin pour gagner ! Ce qui permet de mesurer le niveau du débat à Villeurbanne. Mais ce n’est pas très étonnant car Bret incarne parfaitement cette gauche archaïque qui refuse de s’ouvrir et de se moderniser. Une gauche idéologique pour qui ce nouveau centre est pire que la droite. Car il l’interpelle, l’oblige à se remettre en cause, le dérange... Une vraie menace !
Au fond, Bret, c’est l’anti-Collomb. Et si je votais à Villeurbanne, inutile de dire que je voterais Moralès. Un mec bien, c’est-à-dire honnête, avec des convictions, mais sans être borné. Un déçu de la gauche qui en a tiré les leçons. Espérons qu’il créera la surprise dimanche. En tout cas, c’est sur ce genre de bonhomme que le centre peut se reconstruire dans l’agglomération lyonnaise après le massacre organisé par Mercier.

En tout cas, rendez-vous dimanche soir sur lyonmag.com où toute l’équipe sera mobilisée sur le terrain pour vous donner les premières estimations dès 19h30 mais aussi les premières réactions et les premières analyses. Mais surtout allez voter !

 

Commentaire

P

Encore une fois , allez-vous oser critiquer la stratégie de Bayrou ???? Ce soir, il touche le fond à force de se prendre le centre ...du monde ; Vous allez continuer à le soutenir aveuglément? un peu d'objectivité!

juras

6ème réveillez vous - au dernier vote on a remarqué surtout des jeunes et des gens issus de l'immigration - vous dormez

LP

Pour répondre à être jeune à Lyon, être Millonniste s'est avoir été militant avec Charles Millon. Charles Millon a été président de la région pendant plusieurs années et ministre des armées, lors des élections de la région en 1998, il a été élu, président de la région avec les votes des élus du Front National, ce qui a déclanché de la part de la G et du centre une guerre infernale. Leurs discours étaient que l'on ne peut pas élu président d'une région avec les votes du FN, ils ont trouvé une faille juridique pour faire annuler les élections et la G et le centre se sont associés pour faire élire Anne Marie Comparini centriste à la tête de la région et ainsi éliminer Charles Millon. par très démocratie leur systéme, car on a jamais vu la droite critiquer l'élection d'un président de région avec les votes de l'extrême G, cela prouve qu'à D nous respectons la démocratie. Même si les votes FN ne nous plaisent pas, le parti est autorisé comme le PC ou la LCR, ces deux partis bien plus inquiétants qu'un centriste comme Millon. Conclusion tant que les partis sont légaux, leurs élus doivent être respectés, ils sont les élus du peuple et ils sont mandatés pour choisir un président de région ou de département, il est évident qu'ils vont choisir au plus près de leurs idées. La G continue a diaboliser les Millionnistes dans un but électorale

être jeune à Lyon

Récemment arrivé à Lyon - depuis 2 ans quand même - je m'intéresse à ces élections. Quelqu'un pourrait-il m'expliquer ce qu'est le "millionisme" ? J'ai pris connaissance du programme de la droite à Lyon et je n'ai pas trouvé d'objectifs extrémistes. Il s'agit sans doute d'une "private joke" entre vieux lyonnais...

LP

Curieux discours de la G sur les marchés, il faut voter à G pour faire bouger son arrondissement, inutile le Maire est le Maire de tous les Lyonnais, il doit faire comme R Barre avec le 9éme, c'est faire ce qui est utile dans un arrondissement, sans tenir compte des votes GERER LA VILLE TOUT SIMPLEMENT en respectant LES SENSIBILITE POLITIQUE

LP

Quand je lis que les listes de Perben c''est la droite dure je crois rêver, c'est à peine l'équivalent du parti démocrate Américain, car ce parti est plus patriote, que la droite chez nous. Curieux électeurs, on ne voit pas de critique des alliances du Maire PS qui va de nouveau gouverner la ville avec les communistes, les amis de M Gerin celui qui envoie ses félicitations à Fidel Castro et là on ne vous entend pas. Imaginez si un élu de droite envoyait ses félicitations à un Franco, ce que l'on entendrait. En ce qui me concerne, l'extrême G me fait plus peur que les alliés de M Perben

rincé

Ne mettez pas tout le monde dans le même sac: à Caluire, la droite dépasse 50% dans les quartiers populaires. Il n'y a pas de secret: un bon programme, une bonne campagne, une tête de liste au discours clair, une équipe unie qui respecte l'adversaire, pas d'arrangement politicien ou occulte. Le renouveau de la droite passera par Caluire ou ne se fera pas. Contrairement à ce qui est affirmé, rien n'était gagné d'avance à Caluire et il suffit pour en être convaincu de connaître le contexte local pas si favorable il y a encore moins de trois mois.

Arquenso Adhérent UMP

Je crois que PERBEN va nous faire boire le calice jusqu'à la lie car même le 6° Arrdt, historiquement, socialement, structurellement de Droite va passer dans "le camp d'en face"... Cette homme s'est ridiculisé et a tué la Droite Lyonnaise. Si le 6° passe à Droite et que M.Collomb réalise le grand chelem nous devrons exiger le départ et la démission de toutes les instances UMP régionales pour incompétence notoire. Bien joué M.le Maire !!!

Fred

On peut parfaitement respecter et même apprécier Richard Morales, il n'en demeure pas moins qu'il a fait toute sa campagne contre Bret, le qualifiant de "bon maire de village", mettant en avant son rôle d'opposant à la majorité du conseil municipal, empêchant une rencontre des habitants des Buers avec Ségolène Royal (certains militants à l'écharpe orange considérant que c'était une "provocation" de faire campagne dans ce quartier qu'ils considéraient leur, ce qu'ont démenti les résultats), se gardant bien de réïtérer ses critiques de l'an dernier contre Chabert et rappelant à l'inverse que ce serait plus difficile de parler avec Bret qu'avec Crozon. L'alliance de second tour avec Bret n'était certainement pas son premier choix et n'était dictée que par le résultat historiquement faible de la droite à Villeurbanne. Difficile dans ses conditions de reprocher à Bret de ne pas l'avoir acceptée, la ligne étant de rassembler sur le projet du PS, que Morales avait critiqué bien davantage que celui de l'UMP.

Centriste content

Le Modem sétait engagé à se retirer s'il n'obtenait pas 10 %. Ils ont tenu parole. Chapeau !
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