Qui va succéder à Dominique Perben à la tête de l’UMP lyonnaise ? Dès l’annonce des résultats du premier tour, c’était déjà la question que tout le monde se posait à droite. Et dimanche soir, après le deuxième tour, les ténors de la droite lyonnaise ne se gênaient plus pour envisager différentes hypothèses mais assez rarement que l’ancien ministre reste le leader de l’opposition à Lyon face à Gérard Collomb.
Assez révélateur de la défaite politique et surtout personnelle de Perben qui non seulement a réalisé un score médiocre à Lyon mais qui, de plus, n’a pas réussi à créer une dynamique dans l’agglomération lyonnaise pour tenter de rafler la présidence de la communauté urbaine. Et constituer ainsi un pôle de résistance à la vague Collomb. Alors qu’au conseil général, il n’est pas non plus parvenu à s’imposer au sein de la majorité UMP-UDF pour créer une force capable de dicter sa loi au président sortant Michel Mercier.
Une triple défaite donc pour le leader de l’UMP lyonnaise. D’autant plus qu’à Lyon, ce sont les millonistes qui résistent le mieux en dominant dans les deux arrondissements qui échappent à la vague Collomb, le 2ème et le 6ème.
Cumul des mandats
“Après la claque qu’il vient de se prendre, on ne voit pas comment Perben peut impulser la reconstruction de la droite lyonnaise” estime un élu milloniste en estimant que Perben a “une trop haute idée de lui-même pour passer 6 ans au conseil municipal à animer une opposition impuissante face à Collomb”.
Dimanche soir, Perben avouait d’ailleurs qu’il n’avait pas encore arrêté sa stratégie mais visiblement il semblait plutôt prêt à décrocher . En effet, touché par le cumul des mandats, il doit aujourd’hui choisir entre le conseil municipal de Lyon où il peut siéger et devenir le leader de l’opposition, qui aura 19 élus sur 73. Ou le conseil général où son groupe totalise 13 conseillers généraux sur 54, en restant minoritaire au sein de l’alliance avec l’UDF de Michel Mercier qui lui doit se contenter de 16 sièges. Mais le président du conseil général se retrouve en position d’arbitre avec un PS renforcé (25 élus) prêt à encourager une alliance de centre-gauche pour éviter une nouvelle alliance UDF-UMP. Reste à savoir comment se comporteront les deux élus radicaux Bernard Fiallaire et Daniel Pomeret qui sont à la fois membres du groupe UDF et apparentés au conseil général, et adhérents d'un parti officiellement allié de l'UMP.
En tout cas, une réunion est programmée lundi entre le leader de l’UMP lyonnaise et son équipe. Et l’entourage de Perben annonce qu’il devrait rapidement faire connaître sa décision. Sans doute avant jeudi, quand le conseil général se réunira pour élire son nouveau président. Alors que d’ici mercredi, Nicolas Sarkozy devrait annoncer un remaniement ministériel. Avec la création d’un nouveau secrétariat d’Etat à l’aménagement du territoire qui collerait parfaitement aux ambitions de Michel Mercier.
Bref, en quelques jours, tout reste encore possible.
Tourner la page
Mais si Perben décroche et si Mercier entre au gouvernement, la droite lyonnaise pourra alors se reconstruire dans une ambiance plus sereine, en tirant les leçons de son échec pour définir une nouvelle stratégie tout en poussant un nouveau leader.
En revanche, si Mercier garde son fauteuil de président au conseil général et si Perben s’inscrustre à Lyon, ce seraTour beaucoup plus difficile pour la droite de tourner la page. Une droite qui risque à nouveau de s’entredéchirer. D’autant plus qu’aucun leader ne semble s’imposer naturellement. D’ailleurs, on peut se demander si ce n’est pas la solution encouragée discrètement par Gérard Collomb qui malgré ses déclarations, n’a pas très envie de voir se constituer une opposition unie et solide !









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