21-03-2008

Mercier et ses vice-présidents élus par une majorité divisée

Le président centriste du conseil général a été réélu sans surprise par les 29 élus UDF, UMP et radicaux. Mais sa majorité s’est divisée pour l’élection de ses vice-présidents. Avec un duel arbitré par la gauche.

Michel Mercier

La première séance du conseil général s’est déroulée jeudi 20 mars de 15h à 20h. En quatre actes.

1- Mercier facilement réélu
Michel Mercier a été réélu en moins d’un quart d’heure, président du conseil général avec 29 voix sur 54 alors que la majorité était fixée à 28. Aucun des 14 élus UDF, des 13 UMP et des 2 radicaux n’a donc manqué à l’appel malgré plusieurs jours de tractations tendues. La gauche ne totalisant que 25 voix, le PS a renoncé à présenter un candidat et a préféré voté blanc, espérant permettre à certains élus de droite d’exprimer leur désaccord avec Michel Mercier en les imitant. Une tactique qui n’a donc pas marché. Alors que le PC a présenté son candidat, le maire communiste de Givors Martial Passi, qui a pu compter sur les trois voix de son groupe.
En revanche, l’élection du nouvel exécutif du conseil général a été beaucoup plus laborieuse. Alors que la séance n’avait débutée que depuis une demi-heure, Michel Mercier a imposé une première suspension d’une heure car il n’avait pas encore réussi à se mettre d’accord avec Dominique Perben sur la répartition des vice-présidents. Les deux élus radicaux comptaient profiter de leur position d’arbitres entre l’UMP et l’UDF pour être tous les deux vice-présidents. Mais des vieilles rancœurs ont resurgi. Certains centristes ne voulaient pas de Bernard Fialaire, le maire de Belleville, parce qu’il n’avait pas hésité à prétendre à la succession de Mercier s’il était nommé au gouvernement, d’autres parce qu’ils le trouvent trop proche de l’UMP. En effet, ces deux élus radicaux siègaient jusque là au groupe centriste au conseil général mais leur parti est officiellement affilié à l’UMP. Et aujourd’hui, ils sont non inscrits. Alors que d’autres élus centristes s’opposaient plutôt au second radical, Daniel Pomeret, car ils lui reprochent de ne pas avoir soutenu la liste UDF lors des dernières élections sénatoriales. Du coup, cette première suspension de séance a duré finalement 1h30. Mais au retour, rien n’était encore réglé.

Dominique Perben

2- Barriol résiste à Perben
Sentant qu’il y avait une carte à jouer pour la gauche, Bernard Rivalta, le patron du groupe PS au conseil général, a exigé un vote nominatif sur chacune des 15 vice-présidences. Du coup, Mercier a ouvert le code électoral en expliquant que cela imposait de laisser passer un nouveau délai d’une heure pour recevoir les candidatures. Comme son opposant ne semblait pas convaincu, le président du conseil général a carrément fait distribuer une copie de ce fameux code aux élus... Cette nouvelle suspension de séance a là encore duré plus que prévu, signe des tensions dans la nouvelle majorité de Mercier. Finalement, ce dernier a accepté de prendre les deux élus radicaux à condition que l’UMP écarte l’un des siens pour libérer une place. Dominique Perben a décidé d’écarter Georges Barriol, le conseiller général UMP de Vaugneray, élu depuis 1982. Du coup, Barriol a claqué la porte de ces négociations et il est venu seul se rasseoir sur les bancs du conseil général, aussitôt entouré d’élus de gauche...
Du côté du PS, deux tendances s’opposaient. Certains élus voulaient présenter des candidats à chaque poste de vice-président pour éventuellement profiter d’une division à droite. D’autres estimaient que cela n’avait aucun sens car le PS ayant choisi de ne pas faire partie de l’exécutif UDF-UMP de Mercier, un socialiste élu vice-président aurait dû aussitôt démissionner. Finalement, Bernard Rivalta a décidé de ne même pas prendre part au vote sauf pour arbitrer un duel interne à la majorité de Mercier.

3-La gauche en arbitre
La séance a donc repris à 19h. Et l’élection des 15 vice-présidents a alors étalé au grand jour les divisions de la nouvelle majorité de Mercier. Ainsi, 12 de ses vice-présidents ont été élus sans difficulté avec les 29 voix UDF, UMP et radicales. Notamment Dominique Perben qui a retrouvé son poste de vice-président. En revanche, les UMP Christophe Guilloteau et Georges Barriol se sont affrontés pour le douzième poste de vice-président. Au premier tour, Barriol a devancé son rival de deux voix, à 27 contre 25. Un second tour a été organisé car aucun des deux candidats n’avait obtenu la majorité fixée à 28 élus. Et cette fois, une partie des élus de droite et du centre, avec le soutien de la gauche, ont élu Barriol qui l’a emporté avec 33 voix contre 21. “Guilloteau, on n’oublie pas qu’il n’a pas été clair quand Millon a été réélu président de la région Rhône-Alpes avec les voix du FN en mars 1998”, expliquait un élu PS pour justifier son choix tout en soulignant que Barriol avait toujours travaillé “dans l’intérêt général”. Alors qu’un élu centriste expliquait avoir voté Barriol parce qu’il avait obtenu son siège au conseil général en prenant l’un des fiefs historiques de l’UDF tenus des années par le maire de Brignais Michel Thiers.

4-Guéguerre UDF-UMP
Mais l’UMP n’a pas voulu laisser passer l’affront et ses élus ont imposé un deuxième tour au radical Daniel Pomeret pour le treizième poste. Avec trois défections. Réplique immédiate des centristes qui ont fait de même pour Lionel Lassagne, un proche de Perben, élu en quinzième position juste avant 20h.
A noter que le PS a aussi montré son importance en faisant mieux élire Danièle Chuzeville, conseillère général d’Amplepuis, qui a eu 36 voix, contre 26 à 29 pour ses collègues.

Bref, cette séance mouvementée qui a duré cinq heures, dont trois heures de suspension de séance, est assez révélatrice de l’équilibre fragile que va devoir gérer Mercier. Alors que Gérard Collomb et Bernard Rivalta lui ont proposé une alliance en lui apportant leur 25 voix “pour le sauver de l’UMP”, ce qui lui aurait permis de constituer une majorité solide de 41 élus, il a préféré reconduire son alliance avec la droite qui lui a permis de gouverner depuis 18 ans.
Mais jusque là, il pouvait compter sur un groupe de 20 élus dont deux radicaux contre seulement 11 à l’UMP. Alors qu’aujourd’hui, il n’a plus que 14 centristes face à 13 UMP et deux radicaux imprévisibles. Il est donc à la merci des arbitrages du PS. Ce que relevait, amusé, Gérard Collomb le soir du second tour des cantonales : “Même si Mercier préfère l’UMP, il aura de toutes façons besoin de nous.”

Le nouvel exécutif du conseil général

Président : Michel Mercier UDF 61 ans (29 voix)
1er vice-président : Dominique Perben 62 ans UMP (29 voix)
2e vice-président : Jean-Luc da Passano 58 ans UDF (28 voix)
3e vice-présidente : Dominique Nachury 56 ans UMP (29 voix)
4e vice-président : Danielle Chuzeville 62 ans UDF (36 voix)
5e vice-président : Albéric de Lavernée 53 ans UMP (29 voix)
6e vice-président : François Baraduc 60 ans UDF (29 voix)
7e vice-président : Jean-Paul Delorme 63 ans UMP (29 voix)
8e vice-président : Raymond Durand 62 ans UMP-Nouveau centre (29 voix)
9e vice-président : Bernard Fialaire 50 ans Radical (29 voix)
10e vice-président : Michel Thien 66 ans UMP (29 voix)
11e vice-président : Paul Delorme 65 ans UDF (29 voix)
12e vice-président : Georges Barriol 68 ans UMP (33 voix)
13e vice-président : Daniel Pomeret 50 ans Radical (32 voix)
14e vice-président : Charles Bréchard 59 ans UDF (29 voix)
15e vice-président : Lionel Lassagne 39 ans UMP (28 voix)

Le conseil général compte 54 élus : 21 PS, 1 Vert, 14 UMP, 13 UDF, 3 PC et 2 radicaux. La plus jeune : Sandrine Runel (PS) 28 ans. La plus âgée : Jacqueline Vottero (PS) 74 ans.
Moyenne d’âge : ensemble de l’assemblée : 54 ans contre 55 ans auparavant. Exécutif : 58,4 ans. Groupes UMP : 60 ans, UDF : 55 ans, PC : 53 ans, Non inscrit (radicaux) : 50 ans, PS-Verts : 47 ans. Femme : 9 contre 10 avant pour l’assemblée élue en 2004.

 

Commentaire

Stop la propagande

Le rhône est notoirement connus pour pratiquer une politique agressive à l'encontre des Rmistes de type "j'innove dans la radiation" Alors pour l'usage des fonds publics, parce que les adorateurs de Mercier, souvent salarié ou stagiaire au conseil général, stop. C'est trop gros. Cela se voit Mr Démocrate in lyon.

MODEM

Les élus du département le sont sous la banière UDF et pas MODEM Ils sont en retard de quelques années. Comploteurs et aimant les manoeuvres Cela sent bon la bourgeoisie rurale qui se moque du bon peuple.. Nous ne sommes pas représenté au département. ` Voilà tout.

democrateinlyon

oui, parlons de la bonne gestion du RMI dans le Rhône avec les politiques volontaristes cherchant à réinsérer les rmistes (genre épicerie sociale: on vous aide à acheter plutôt que d'acheter à votre place et vous le donner bien charitablement etc. etc.), gestion des batiments de collège exemplaire, rétablissement des finances du département, capacité d'investissement sans emprunt nouveau, amélioration des transports départementaux, prise en main des musées que la ville de Lyon ne pouvait ou voulait gérer (gallo-romain par exemple) etc etc. @ 4ème République: comment un politique fait avancer ses idées quand il n'est pas élu? J'aime les clubs de réflexion moi aussi.

@ democrateinlyon

De quel bilan tu parles ? Si c'est dans sa gestion du conseil général, tu fais référence au dérapage et au retard du musée du confluent ?! Pour le reste, il se contente de gérer les compétences de droit du département sans grande innovation. Mais si tu parles du bilan politique, reconnait que c'est carrément "après-moi le déluge !" Il n'a pas préparé la relève et il a cassé tout ceux qui avaient un peu de caractère style vesco, begag...

4eme république

En politique comme ailleurs, la fin ne justifie pas les moyens: le pb avec Michel Mercier , être élu est une fin en soi comme il l'a une fois de plus prouvé. Quant au bilan du CG, citez un seul point positif et en on en reparlera.

democrateinlyon

Résultat: le président du dernier groupe parlementaire soutenant le MoDem a gardé le dernier Conseil général où les démocrates pèsent. Je ne comprends pas la hargne de certains "MoDem"... Ils veulent être membres d'un parti sans élu? Dans ce cas il y a plein de clubs de réflexion dans les salons lyonnais... Je suis certain que le bilan de Mercier sera apprécié à sa juste valeur, mais malheureusement ce sera dans quelques années.

Marcel et son orchestre

On va bien rigoler au conseil général dans les trois ans qui viennent. Mercier va devoir s'habituer... Tout comme Louis XVI, M. Mercier a du mal à passer de la monarchie absolue à la monarchie constitutionnelle ... A quand la fuite à Thizy !

renard de thizy

Ce que veulent Mercier et compagnie, c'est ressuciter l'UDF et tuer le Modem. Il prépare un lâchage de Bayrou. Une belle récompense pour Bayrou qui a pourtant laissé faire Mercier dans ses manoeuvres lyonnaises pour écarter comparini puis begag avant de rallier perben avec sa marionnette geourjon. Peut-être que Bayrou va enfin ouvrir les yeux sur son "ami" mercier. Après lui avoir fait loupé un bon score de 15% à Lyon, il va faire bande à part avec son groupe de sénateurs pour s'entendre avec Hervé Morin du Nouveau Centre ! D'ailleurs Raymond Durand a obtenu 100% des voix UDF et UMP pour être élu vice-président ! Pourtant, il a quand même trahi le Modem pour se présenter avec l'UMP Fenech aux législatives de juin dernier. Mais ça n'a pas l'air de gêner Mercier.

ciré

Tout ce théatre Florentin n'aboutit à rien: la quasi totalité des VP étaient déjà présents sous l'ancien mandat et le tandem Mercier-Perben démontre encore sa capacité de nuire. Il vont finir par exploser en vol, mais sans dommage car le vol est ras des paquerettes. On se croirait en 1956. Le monde bouge, les électeurs sont devenus exigeants mais au CG "il faut que tout change pour que rien ne change" comme disait Talleyrand.

Mercier l'équilibriste

Mercier tiendra sa présidence pour les 3 prochaines années et ce malgré toutes les tensions qui surgiront entre certains UMP, les 2 radicaux et certains UDF. N'oubliez jamais que Mercier est un grand maître dans l'art de la pirouette. Mais tout ce cirque aura un prix, c'est la démocratie et la volonté du peuple souverain qui se trouveront bafouées! M Mercier, soyez digne et partez, laissez le parti majoritaire diriger cette assemblée et rechercher des consensus sur des projets
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