14-04-2008

Grand Lyon : l'UMP au bord de l'explosion

Alors que Gérard Collomb sera élu président de la communauté urbaine ce vendredi après-midi, l'UMP se divise sur la stratégie à adopter. Et le groupe Synergie se renforce.

C'est ce vendredi 18 avril que se déroule l'élection du président de la communauté urbaine de Lyon, qui réunit les 57 communes de l'agglomération. Et sans surprise, Gérard Collomb sera réélu président, car il est sorti renforcé des élections aux dernières municipales. Il dispose en effet d'une majorité confortable, avec les voix des élus PS, Verts, radicaux de gauche et communistes. Du coup, contrairement à 2001, il n'aura pas besoin de passer une alliance avec les maires des petites communes du Val de Saône réunis au sein du groupe Synergie.

Alors que l'UMP est en train de se déchirer sur la stratégie à adopter face à Collomb. Jeudi 10 avril, la réunion des élus UMP n'a pas permis de déboucher sur une position commune. Puisque deux clans s'affrontent. Avec d'un côté ceux qui accepteraient l'ouverture de Gérard Collomb, en devenant vice-présidents de la communauté urbaine. Deux élus de poids sont favorables à cette cohabitation : le sénateur-maire d'Oullins François-Noël Buffet, qui a déjà été vice-président de Collomb au Grand Lyon de 2001 à 2003, avant de démissionner suite aux pressions de Dominique Perben, tout juste arrivé à Lyon. Mais aussi Michel Forissier, le maire de Meyzieu et nouveau secrétaire départemental de l'UMP.
Face à eux, on retrouve les partisans d'une opposition pure et dure, regroupés derrière les députés Michel Havard et Philippe Cochet. D'ailleurs, Gérard Collomb ne voudrait pas non plus de ces deux élus dans son exécutif.
Reste à savoir si l'UMP va arriver à gérer ces divisions ce vendredi pour rester unie face à Collomb. Ou si elle va éclater en deux groupes différents au cours de la séance.

Synergie se renforce
A noter également que la stratégie de Philippe Cochet de faire pression sur les maires du groupe Synergie pour ne pas qu'ils travaillent avec Collomb, a échoué. Puisque Synergie va sortir renforcé de ce bras de fer avec l'UMP, avec 22 élus au Grand Lyon, contre 19 lors du précédent mandat. Les nouveaux maires de Saint-Cyr au Mont d'Or, Marc Grivel, mais aussi de Saint-Didier au Mont d'Or, Denis Bousson, ont en effet décidé de rejoindre Synergie.

Quant au groupe centriste, fédéré derrière le maire Modem de Saint-Genis Laval Roland Crimier, il devrait compter entre 10 et 12 élus. Dont Claude Pillonel, le maire de Poleymieux au Mont d'Or qui était inscrit dans les indépendants.

 

Commentaire

Damien

Un dirigeant qui débauche des opposants. Ca me rappelle quelque qu'un... Sarko appelle ca l'ouverture. Collomb pareil ^^

Jonathan

Au contraire,mon cher Romain,cela prouve que Mr Havard n'est pas à la recherche de plaçes comme d'autres.Ton ami Collomb pratique l'ouverture dans le seul but de diviser l'opposition.Barre avait réalisé une "vraie" ouverture entre 1995 et 2001.D'ailleurs,on ne connaît pas les sommes reçues par les différentes villes entre 2001 et 2008.

gaullisme de toujours

Alors que certains élus UMP négocient discrètement avec G. Collomb une vice-présidence, il est manifeste que les élus de l'opposition qui se refusent à tout marchandage pour l'exécutif de la CU sont les héritiers d'une tradition gaulliste, celle qui sait dire NON à: 1) l'appel intéressé d'un président qui veut réediter la stratégie qui a si bien fonctionné en 2001: la domestication d'une opposition tiraillée entre sa loyauté à l'égard des électeurs et le bénéficie politique attendu d'une vice-présidence.2) un statut confortable et convoité (voiture, chauffeur, délégation etc) 3)un engagement envisagé comme un échange de services et la mise en oeuvre de stratégies souterraines. Dans six ans, que répondront ces vice-présidents UMP à leurs électeurs sur l'explosion de la fiscalité locale et de l'endettement, sur le formidable gachis du stade de Décines "offert" à l'OL pour plus de 300 millions d'euros payés par le contribuable en infrastructures routières, sur l'absence d'investissement pour le bouclage du périphérique etc: ils ne savaient pas ? Ils n'ont pas pu "empêcher" ? Ils ont obtenu des "avantages" (lesquels ?).

al

Bravo Perben ........

romain blachier

havard se positionne comme l'aile dure de l'ump

Prof de français

Désolé, mais cette belle phrase sur la tolérance est de Paul Claudel qui, en vrai catholique, méprisait la tolérance qui est déjà refus de l'autre (puisqu'on le "tolère") pour lui préférer l'amour du prochain.

droite molle

On peut craindre qu'une certaine doite aille une fois de plus "à la soupe" en habillant ce souci alimentaire des jolis termes "d'ouverture " et de "tolérance". Comme disait Clémenceau, la tolérance, il y a des maisons pour cela.

rincé

Il est curieux que la question de la vice-présidence des élus UMP au sein de la communauté urbaine se pose exactement dans les mêmes termes qu'en 2001, comme si certains élus n'avaient pas su tirer les leçons du passé: - les élus d'opposition ayant alors accepté une vice-présidence espéraient en retirer quelques avantages pour leur commune ce qui n'a presque jamais été le cas. - d'autres se sont livrés à un marchandage en échangeant leur voix contre une vice-présidence Si la démocratie ce n'est pas l'affrontement, les règles du jeu doivent nénanmoins être claires: les électeurs qui votent pour un maire de droite ne souhaitent pas une cogestion de la communauté urbaine dont seul G. Collomb tire le profit politique. Oui à une opposition constructive, non à une cogestion résultant de marchandages et de compromis obscurs. Quant il était président de la CU, Raymond Barre avait proposé à l'opposition de participer à certains enjeux importants suscitant un consensus, ce qui n'a rien à voir avec cette stratégie de débauchages individuels qui ont pour effet et pour objet de casser l'opposition.
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