Les Hospices civils de Lyon sont au bord de la faillite. C’est ce qu’affirme un audit qui va être rendu public cette semaine. Pour ceux qui ne le savent pas, les HCL c’est tout simplement l’ensemble des hôpitaux publics de la région lyonnaise.
Un véritable monstre avec pas moins de 20 000 salariés pour un budget d’environ 1,5 milliard d’euros. Ce n’est pas le premier audit qui a été réalisé sur les HCL. Déjà il y a dix ans, plusieurs experts avaient tiré la sonnette d’alarme en estimant qu’il fallait réagir en urgence pour éviter la catastrophe. Bien entendu, depuis, personne n’a bougé le petit doigt. Comme si tout le monde s’en foutait. Résultat, aujourd’hui, la catastrophe annoncée est là. Elle tient en quelques chiffres. Depuis 15 ans, le budget des Hospices civils de Lyon a augmenté de 45% alors que les HCL soignent 12% des malades en moins. En moins, vous avez bien lu. Alors qu’on nous claironne à longueur de journée qu’il faut faire des économies si on ne veut pas faire exploser notre système de santé, aux HCL on continue à embaucher et à jeter l’argent par les fenêtres. Incroyable non ? Mais le plus incroyable c’est que tous ces chiffres, on n’en est pas vraiment sûr. Il parait même que c’est sans doute bien pire. Pourtant les chiffres officiels sont déjà inquiétants. Car les HCL avouent officiellement un déficit de 70 millions d’euros, mais il semble qu’il faut mieux compter le double. Alors que la dette dépasse les 500 millions d’euros. En fait, aux Hospices, c’est tellement la pagaille, qu’on est même incapable de dresser un état fiable de la situation.
Mais le plus inquiétant, ce sont les perpectives. Chaque année, le déficit va encore s’aggraver. Ce qui va logiquement gonfler la dette. Et à l’horizon 2012, c’est-à-dire dans quatre ans, cette dette des HCL devrait frôler 1,5 milliard d’euros. C’est-à-dire autant que le budget annuel de cette institution qui perdra alors 500 millions d’euros par an.
On pourrait aligner à l’infini les chiffres noirs du système de santé dans l’agglomération lyonnaise. Mais on a compris que c’est grave, très grave. Et pourtant personne ne s’affole. Comme si de toute façon, on se disait que le système de santé est forcement en déficit. Et que de toute façon, personne n’osera remettre en cause ce fameux système.
Pourtant, tout est prêt au contraire pour que ça explose. Et une fois de plus, les premiers touchés ce seront les plus vulnérables, c’est-à-dire les plus pauvres.
Alors comment expliquer que personne ne réagisse aux Hospices civils de Lyon ? En fait, personne ne réagit parce que l’inertie est une véritable culture au sein de cette institution. On ne bouge pas pour éviter de faire des vagues. En fermant les yeux pour éviter de voir l’inévitable tsunami qui est annoncé.
Et tout le monde est complice. De la base au sommet. Les syndicats bien sûr mais aussi les directeurs des HCL qui sont se succédé depuis des années, sans oublier les grands profs de médecine. Mais aussi les élus lyonnais, de gauche comme de droite qui se défilent face à un problème où, effectivement, ils n’ont que des coups à prendre. Parmi eux, le maire de Lyon Gérard Collomb qui est président des Hospices civils de Lyon. Certes, son pouvoir est bien limité car c’est un président “pot de fleurs” vu que le directeur des HCL est nommé par le gouvernement et que c’est lui qui a le pouvoir, le vrai, le pouvoir de gestion.
Pourtant, Collomb devrait se mouiller dans cette affaire. Et tenir un discours clair, responsable. Comme il a su le faire pendant les élections municipales en refusant les discours sectaires et démagogues. Car le problème des HCL, c’est d’abord un problème de volonté politique. Rien ne bouge car personne n’a le courage de dire : stop, ça suffit, on va dans le mur. Si on veut préserver le système, il faut réorganiser ce système, combattre les gaspillages, les irresponsabilités... Aujourd’hui, tout le monde est prêt à entendre ce discours que personne n’ose tenir. Seul le maire de Lyon qui, aujourd’hui, vient d’être élu triomphalement peut interpeller le gouvernement, les syndicats, les médecins... Et taper du poing sur la table.









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François
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Lyonnais