“On en a marre de cette bagarre Lyon Mag-Latouche !”
C’est ce que m’a lancé, l’autre jour, un patron lyonnais. En suspectant au fond Lyon Mag d’alimenter ce conflit avec le pdg de Fiducial. Surprenant mais assez révélateur. Car vue de l’extérieur, une bagarre reste souvent confuse. On se dit que les torts sont partagés... Et au final, on a beau s’expliquer, on est toujours suspecté. Surtout si on n’a pas peur de se battre, comme Lyon Mag.
Marre ? En tout cas, on est les premiers à en avoir marre de cette bagarre. Six mois déjà. Et c’est bien parti pour durer des années. Car aujourd’hui une bonne dizaine de procès sont engagés. Et chaque décision provoque un recours, une requête, un appel... Ou un nouveau procès. Un véritable engrenage judiciaire. Sans issue.
Pour ceux qui n’ont pas suivi le feuilleton, on rappellera, en deux mots, l’origine de cette bagarre. Christian Latouche est un petit actionnaire de Lyon Mag depuis cinq ans. Et pendant cinq ans, il nous a aidés comme d’autres actionnaires historiques de Lyon Mag. Tout en respectant notre indépendance.
Mais l’été dernier, le pdg de Fiducial a basculé. Pourquoi ? Sans doute parce qu’il a senti que Lyon Mag était vulnérable. Une certitude : il a alors décidé de prendre le contrôle de notre magazine, en profitant de nos difficultés. Et il nous a d’abord prêté 500 000 euros pour financer notre plan de restructuration. Puis il a exigé une caution sur mes actions. En me jurant que c’était une simple formalité, que je devais lui faire confiance... Et puis il a engagé une négociation avec nous pour augmenter sa part dans le capital de Lyon Mag. En exigeant toujours plus. Plus de contrôle, plus de pouvoir. Et il finira par afficher clairement son ambition : prendre tout simplement le contrôle de Lyon Mag. En entonnant un petit refrain : c’est pour votre bien, on va vous aider à gérer Lyon Mag...
On a failli tomber dans le piège. Mais grâce aux actionnaires historiques de Lyon Mag et notamment Roger Caille, on a réagi à temps. Car on s’est rendu compte que derrière ces beaux discours, il y avait une volonté implacable. Celle d’asservir Lyon Mag. Et de l’utiliser comme un levier de pouvoir et d’influence. Bref, c’était la fin de notre indépendance. 15 ans de Lyon Mag réduit à néant.
Au fond, ce qui a été décisif, c’est que Christian Latouche a refusé de signer notre charte éditoriale. Une charte dont le titre résume bien l’enjeu de cette bagarre : “Ce qui fait la valeur de Lyon Mag, c’est son âme”. Un texte de deux pages qui fixe quelques règles simples autour d’un principe incontournable : la défense de notre indépendance.
Voilà pourquoi, en décembre dernier, on a décidé de se placer sous la protection du tribunal de commerce qui nous a accordé une “sauvegarde”. Une procédure qui a permis à Lyon Mag de geler provisoirement ses dettes, notamment les 500 000 euros de Latouche, et de mettre en place un plan d’assainissement.
Une résistance qui a provoqué la colère de Christian Latouche car au fond il était convaincu qu’on finirait par se soumettre. D’où les pressions, les menaces, les procès... Un véritable harcèlement judiciaire Là encore, il croyait qu’on allait se soumettre. Mais l’équipe de Lyon Mag n’a pas baissé les bras.
Fin mars, Christian Latouche qui jusque là avait perdu tous ses procès, a obtenu une décision favorable. Petite décision au fond. Mais il a alors cru qu’il avait gagné. Et aussitôt il est allé claironner dans Le Progrès qu’il était pdg de Lyon Mag ! Un peu ridicule car le lendemain, on lui a infligé un démenti cinglant. Et deux mois plus tard, il n’a toujours pas pris le contrôle de Lyon Mag ! D’ailleurs aujourd'hui une évidence s’impose : jamais Latouche ne pourra prendre le contrôle de Lyon Mag. Pour une raison simple : la bataille judiciaire qu’il a engagée contre nous s’est retournée contre lui. Car chaque fois on a répliqué. Du coup, son offensive est paralysée par une multitude de recours.
Et puis au fond, il a renforcé la détermination de Lyon Mag. Car même si par miracle, il arrivait à emporter une victoire décisive, aujourd’hui on est tous déterminé à résister en faisant exploser Lyon Mag. Il prendrait alors le contrôle d’un champ de ruines.
Et l’équipe de Lyon Mag relancerait alors un nouveau magazine. D’ailleurs tout est prêt.
Tout ça, je l’ai expliqué à des dizaines de décideurs lyonnais depuis six mois. Patrons, élus, magistrats... De Gérard Collomb à Jean-Michel Aulas en passant par Guy Mathiolon, le président de la chambre de commerce ou Jean-Olivier Viout, le procureur général... Je suis même allé jusqu’à Dubaï ! Récemment encore, j’ai rencontré le président du tribunal de commerce qui était furieux contre un de mes blogs dénonçant les pressions de Latouche sur ce tribunal. Et il m’a proposé une médiation. Sans hésiter j’ai accepté. En lui précisant que j’étais prêt à discuter avec le pdg de Fiducial pour trouver une solution. D’ailleurs, depuis six mois, on lui a déjà envoyé plusieurs ‘”ambassadeurs” pour lui expliquer qu’on était prêt à lui rembourser ses 500 000 euros et à lui racheter ses actions... A condition qu’il accepte un plan et des délais raisonnables.
Voilà pourquoi aujourd’hui on a décidé de tendre publiquement la main à Christian Latouche. Non pas une main tremblante qui implore. Mais une main ferme, déterminée à conclure un accord équitable. Et à tourner la page. Car cette guerre est sans issue. Elle risque même de dégénérer. Certains signes ne trompent pas.
Mais quand on veut la paix, il faut préparer la guerre. C’est un bon vieux principe. Voilà pourquoi, aussi, on vient de lancer une grande pétition. Et d’organiser une fête le 29 mai prochain pour saluer “le printemps de Lyon Mag”. Afin de remercier tous ceux qui nous ont aidés dans cette période difficile. Une fête où on a décidé d’inviter Christian Latouche. A lui de décider.









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