19-06-2008

Eric Azières : “Reconstruire un centre crédible”

Membre du bureau national de l’UDF, Eric Azières est chargé de réorganiser le centre à Lyon. Un sacré chantier ! Mais cet élu parisien espère pouvoir rassembler malgré les divisions des dernières élections.

Pourquoi vous n’avez pas investi de candidat centriste pour les dernières élections cantonales partielles à Lyon ?
Eric Azières : Parce qu’aujourd’hui, la volonté de la direction nationale de l’UDF, c’est de rassembler toutes les sensibilités centristes lyonnaises. Or, trois candidats se revendiquaient du centre dans cette élection. Du coup, si on avait privilégié l’un d’entre eux, on se serait privés de la possibilité d’ouvrir enfin un dialogue serein et apaisé.
Ce n’est pas plutôt un manque de courage ?
Au contraire. Comme toujours en période d’élection, les passions étaient exacerbées. Ce qui était courageux, c’était donc de garder une certaine distance malgré les sollicitations. Tout en rappelant que les structures du Modem restent à construire. En particulier la fédération du Rhône qui aurait été la seule à avoir la légitimité pour accorder une investiture à ces élections cantonales.
Ceux qui se réclament aujourd’hui du Modem sont des imposteurs ?
Non. Mais les centristes lyonnais ont fait des choix stratégiques différents. Certains sont alliés à l’UMP, d’autres au PS, d’autres encore refusent tout consensus et veulent même exclure du Modem ceux qui ont accepté un accord électoral. Mais nous, avec François Bayrou, on veut chercher ce qui rassemble ces trois sensibilités et non ce qui les divise.
Les haines ne sont pas trop fortes ?
Non. J’ai rencontré aussi bien Michel Mercier, réélu président du conseil général avec le soutien de l’UMP, qu’Anne Pellet qui défend un Modem indépendant ou encore les élus centristes alliés à Gérard Collomb. Tous sont prêts à jeter à la Saône les rancœurs. Car ce sont des gens de bonne volonté, responsables et raisonnables !
Ce n’est pas trop tard pour défendre l’unité de la famille centriste à Lyon ?
Je reste optimiste, car au fond, ils partagent les mêmes valeurs démocrates, sociales et européennes. Mais pour dépasser ces divisions, je reconnais qu’il nous faudra un peu de temps !
Vous ne voulez pas exclure les centristes qui se sont alliés aux millonistes sur la liste Perben aux dernières élections municipales ?
Je n’ai aucune leçon à recevoir en termes de convictions centristes ! J’ai moi-même mené la campagne à Paris dans le 13e arrondissement avec Marielle de Sarnez. Alors une campagne municipale dans un contexte hostile, je connais ! Avec les dérapages que ça peut donner. Mais aujourd’hui, je refuse de relancer toute polémique.
Cette recherche permanente du compromis, ce n’est pas une manie des vieux notables centristes ?
Mais je n’ai pas parlé de compromis ! Avec François Bayrou, on ne recherche pas le consensus à tout prix. On veut rassembler sur une synthèse pour mettre en cohérence notre stratégie nationale et nos choix au niveau local. Mais sur les valeurs, on ne cédera pas.
Michel Mercier est encore légitime après avoir tout fait pour bloquer une liste Modem aux élections municipales ?
Mais on ne va pas juger la légitimité de Michel Mercier sur les six derniers mois ! Car il ne faut pas oublier tout ce que cet élu a apporté aux centristes depuis 30 ans.
François Bayrou n’aurait pas dû prendre ses distances plus tôt avec Michel Mercier ?
Au contraire. C’est justement parce que François Bayrou a conservé des liens d’amitié avec Michel Mercier qu’on peut encore rassembler toute la famille centriste.
Aucun regret ?
Non. Les consignes d’état-major ne doivent pas tomber comme un couperet. Ce n’est pas une question de prudence, mais l’application de principes simples : le respect et la considération qu’on doit aux hommes et aux femmes qui ont construit notre famille politique à Lyon.
Mais pour le centrisme le bilan est catastrophique à Lyon !
Je reconnais qu’on a tout eu à Lyon au cours des derniers mois : des erreurs de psychologie, des maladresses, des contradictions... Mais aujourd’hui, l’heure est au pardon ! En revanche, je sais qu’on a une réelle richesse humaine et qu’on n’aura aucune difficulté à identifier ceux qui représenteront demain le Modem. Que ce soit parmi les partisans de l’authenticité ou ceux du consensus.
Mais c’est Gérard Collomb qui a aujourd’hui récupéré votre électorat !
Gérard Collomb attire les électeurs centristes par défaut. Et c’est en grande partie de notre faute ! Mais si nous reconstruisons un centre crédible à Lyon, on retrouvera la dynamique créée par la candidature de François Bayrou à la dernière élection présidentielle. J’en suis certain. D’autant plus que Lyon a une forte tradition centriste qui ne demande qu’à être ranimée.
Comment vous allez reconstruire cette fédération du Rhône ?
On va d’abord vérifier qui est vraiment adhérent au Modem à Lyon en demandant à chacun de confirmer son engagement. Ce qui évitera toute polémique sur les fichiers. D’ici l’été, on va renouveler notre conseil national et mettre en place des structures locales avec des représentants du Modem démocratiquement élus par les militants. Ce qui mettra fin à la confusion.
Votre prochaine échéance ?
Les élections européennes qui auront lieu en juin 2009. D’autant plus que la circonscription qui s’étend sur Rhône-Alpes et Provence - Alpes - Côte d’Azur est une des plus importantes de France. Le Modem se doit de présenter à cette occasion des candidats incontestables pour démontrer qu’on reste la troisième force politique en France avec l’UMP et le PS.

 

Commentaire

Voltaire

Les élections municipales ont été difficiles pour le MoDem. Trop peu de temps pour mettre en place une stratégie nationale cohérente. Il n'est donc pas étonant que des candidats MoDem se soient retrouvés sur des listes diverses. Cette élection étant, aux yeux des électeurs, la moins "politisée", cette dispersion n'aura pas de conséquences néfastes, sauf si les propres adhérents et ex-candidats du MoDem la prolonge par des querelles internes sans fin. Rappellons qu'aussi bien le PS que l'UMP ont vu d'innombrables dissidences en leurs rangs. La différence est qu'une fois les élections terminées, ils règlent leurs querelles en privé. Pour une fois, les adhérents et sympathisans du MoDem feraient bien de prendre exemple sur leurs concurents et conserver à l'esprit l'intérêt général plutôt que leurs ranceorus particulières.

Bruno

Non seulement cette interview est pleine de langue de bois, du bois rose bon bon, mais elle m'agace. Beaucoup. Comment revendiquer une nouvelle forme de politique avec de telles méthodes ?..

Jonathan

Collargol,non je ne demande pas l'exclusion de tel ou tel(c'est au MODEM lui-même de décider),je voulais dire que que la question du journaliste de Lyon mag était partiale et ne se focalisait que sur ceux qui allaient à droite et non à gauche!

Stéphane

Tout à fait d'accord avec Ariane. On ne peut pas décrire une stratégie d'indépendance à Paris et retourner sa veste juste après les élections. La skyzophrénie n'est pas une pratique politique mais une pathologie particulièrement grave et nuisible à la démocratie. Le Modem qui s'est levé souhaite restaurer des pratiques politiques intègres, ce qui n'est absolument pas le cas de ceux qui ont dès la première occasion largué leur parti pour leurs intérêts propres.

Jane

A la lecture de tous ces commentaires, il est évident que la famille Modem lyonnaise n'est pas prête au rassemblement. Quel dommage et quelle tristesse ! Les adhérents vont se lasser et rentrer chez eux à moins que ... François Bayrou ne vienne en personne mettre un peu d'ordre et surtout de clarté... Mais est-ce encore possible ?

Ariane.

Cher "Hérétique", Il ne s'agit malheureusement pas de tendances politiques mais de pratiques politiques. En effet, en ce qui concerne les idées et le contenu idéologique, il est évident que le socle commun du Mouvement Démocrate est plus large que celui du PS par exemple. Europe, rôle de l'état, place de l'entreprenariat etc. sont autant de points qui ne suscitent pas de divergences idéologiques. Ceux du MoDem qui sont partis, dès le premier tour, se présenter sur les liste du PS ne sont pas plus « socialistes » que ceux qui ont choisi de rallier l’UMP. Ceux qui ont individuellement choisi le ralliement (quelque soit l'option retenue) avaient pour priorité commune d’obtenir un mandat, pas de défendre une posture idéologique. La question est donc plutôt de savoir comment on fait de la politique. Un parti qui affirme proposer le renouvellement des pratiques politiques ne peut pas faire l’économie de cette réflexion en se trompant de sujet. Il n’y a pas de rupture idéologique à Lyon ; il y a des pratiques et des stratégies politiques divergentes. Ariane.

L'hérétique

Bon, enfin on parle de rassemblement à Lyon. Pas trop tôt. Espérons que les trois tendances du MoDem parviendront à ce réconcilier.

watrin

Mais la photo n'est pas celle d'Eric Azières...

Le miracle par TGV?

Alors, comment est cet organigramme pensé par Mercier, présenté à Bayrou &co par un directeur de cabinet très spécial, Lehideux (c'est tout dire!), applaudi par la prêtresse indéboulonable du siège et enfin transporté par un vaillant soldat qui veut se faire une place, dans un coin qui ne semble pas très ensoleillé pour le Modem?

L'entente de toujours

Bayrou expédie un parisien qui a été largement balayé dans le 13ème arrondissement de Paris. Cela prouve seulement l'entente qui a toujours existé entre lui et Mercier, le gardien des finances! Il n'y que ça qui compte! Tout le reste n'est que cinéma et dédain à l'égard des lyonnais qu'il sous-estime en leur renvoyant un itinérant pour mettre sur pied un "modem solide et nouveau à Lyon" avec dans ses bagages, l'organigramme, déjà prêt, pensé par le vrai lyonnais, Mercier! Quel mépris et quelle honte!
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