Enfin ! François Bayrou, ce week-end, a passé un cap décisif, en posant une question simple. Et il fallait la poser. Une question essentielle pour l’avenir du Modem, celle des alliances. Une question essentielle aussi pour l’avenir de ce nouveau centrisme qui émerge à Lyon depuis l’élection présidentielle.
“Je sais bien qu’il n’est pas facile de passer des frontières” a souligné le leader du Modem en concluant dimanche à Agay l’université d’été de son mouvement en reconnaissant que “toute victoire électorale impose des rassemblements”. Jusque là, le défenseur de la ligne “ni droite-ni gauche” était resté dans l’évasif. Certes il avait clairement défini par cette petite formule du “ni-ni” son positionnement politique et c’est ce qui avait fait son succès et ce score magistral de 18% à la dernière présidentielle. Mais il refusait jusque là d’aller plus loin. D’où ce blocage Modem qui semblait piétiner dans prudence. Certes ce “ni -ni” avait eu le mérite d‘impulser une dynamique en débarrassant ce nouveau centre de tous les notables droitistes qui ne rêvaient que du statu quo, c’est-à-dire de cet éternel arrangement avec la droite la plus dure pour quelques mandats, quelques fauteuils, quelques hochets ministériels... Tout en leur imposant la soumission. Mais cette “stratégie” incarnée par Michel Mercier avait fini par lessiver le centre dans un univers politique en pleine mutation avec une droite qui se droitise sans complexe sous l’impulsion de Sarkozy et une gauche qui commence à réfléchir à une autre solution que ressasser un marxisme dépassé. Et on a mesuré cet échec centriste à Lyon où cette force a tout perdu en quelques années : la mairie, l’agglomération, la région alors que le département lui a déjà virtuellement échappé.
Mais Bayrou qui a longtemps retardé cette heure de vérité, semble aujourd'hui décidé à passer cette “frontière” en posant la question d’une alliance avec la gauche pour ancrer plus fortement au centre ce centre qui dérive depuis des siècles à droite. Et il ouvre un débat clef pur l’avenir du Modem. Car il faut que ce débat s’engage, sans tabou. Notamment à Lyon où deux candidats s’affrontent pur la direction du Modem : Cyril Isaac-Sibille et Richard Morales, deux hommes, deux styles, deux tribus centristes... Mas au fond deux philosophies. Et les intégristes du “ni-ni” ne pourront plus s’abriter derrière cette facilité pour étouffer le débat.
Il faut désormais que les centristes s’interrogent concrètement sur leur avenir. Et qu’ils choisissent entre un retour à droite où l’aventure d’une alliance avec la gauche. Reste à savoir si la gauche sera suffisamment mûre pour ne pas non plus occulter ce débat, qui l’agite également en interne et qui la divise profondément en deux clans, les idéologues et les pragmatiques, les sectaires et les partisans de l’ouverture.
“C’est en passant des frontières qu’on devient des pays pionniers” a martelé François Bayrou, ce week-end. Pionnier, le mot est bien trouvé. Et il donne ainsi un signal fort à ses troupes, élus et surtout militants.









Commentaire
Charlotte
Luc
Benoit Labbe
Battling's Friend
Pierre69
Réponde de Philippe Brunet-Lecomte à Pierre69
Jane
Pierre69
stephane bou about