11-09-2008

Latouche veut faire interdire le livre de Brunet-Lecomte

Christian Latouche, le pdg du groupe Fiducial, vient d’assigner Philippe Brunet-Lecomte, le directeur de Lyon Mag, pour faire saisir le manuscrit du livre qu’il s’apprête à publier dans quelques jours. L’audience a été fixée au lundi 15 septembre à 13h30 devant le tribunal de grande instance de Lyon. Une procédure en référé, c’est-à-dire en urgence car Latouche estime que cet ouvrage risque de “porter atteinte à son honneur et à son considération”.

Pour engager cette procédure, il se référe dans son assignation à quelques lignes parues dans le dernier Lyon Mag annonçant que Brunet-Lecomte “va publier un livre témoignage racontant cette année de bagarre avec Latouche”. L’objectif affiché du pdg de Fiducial étant d’obtenir de la justice que ce livre soit censuré, voire carrément interdit. Sans même avoir lu cet ouvrage, il réclame donc la communication de ce manuscrit sous une astreinte de 50 000 euros par jour.

Le directeur de Lyon Mag a aussitôt réagi dans un blog pour dénoncer cette initiative de Latouche en soulignant que c’est “une grande première à Lyon. Car depuis le moyen âge, personne n’avait osé entreprendre ce genre de démarche”. Et il ajoute : “Alors que Latouche pourrait très bien écrire un bouquin en s’expliquant lui aussi devant les Lyonnais, il préfère instrumentaliser la justice. Pour tenter de nous museler. C’est d’ailleurs ce qu’il tente de faire depuis un an. En vain”.

La rédaction de Lyon Mag a également réagi en lançant “un appel à ses lecteurs, à ses amis mais aussi à tous ceux qui sont attachés à la liberté d’expression” en assistant à cette audience du 15 septembre.
Le dernier Lyon Mag, soulignait également que Latouche, qui est virtuellement actionnaire majoritaire de Lyon Mag, avait “disparu depuis deux mois” car il  semblait renoncer à se faire nommer pdg devant l’hostilité affichée de la rédaction vis-à-vis de ce patron lyonnais proche de l’extrême droite. Il faut dire que plusieurs décisions judiciaires importantes qui devraient intervenir dans les semaines à venir, notamment de la Cour de cassation, pourraient casser tout “le château de carte juridique” lui permettant de rafler ces actions. Ce qui anéantirait son ambition de prendre le contrôle sauvage de ce magazine qui affiche sur sa dernière couverture la mention “toujours indépendant”.

 

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