Pas de blog pendant 15 jours. Oui, 15 jours de silence. Tout arrive. Pour ceux qui commençaient à s’inquiéter, non je n’ai pas été gobé par “La Mouche”.
Mais Lyon Mag vient de traverser une période chaude. Avec un déménagement en urgence. Désormais, on habite 10 impasse Pierre Baizet, toujours dans le quartier de Vaise. Une impasse ? Je ne crois pas qu’il faille voir dans cette adresse un signe du destin. Au contraire depuis la rentrée, un petit vent optimiste souffle dans nos voiles. D’abord ce déménagement nous a donné un petit coup de fouet salutaire. Comme on est moins nombreux (une vingtaine), on a réduit nos bureaux en passant de 800 à 400 m2. Plus compact, prêt à affronter la crise ! Et puis on a eu droit à plusieurs décisions judiciaires favorables. En plus, on va présenter dans quelques jours un plan au Tribunal de commerce pour sortir de notre Sauvegarde. Après un an de galère qui nous a permis de retrouver une exploitation équilibrée. Bref, on a aujourd’hui les moyens de rembourser nos dettes (2 millions d’euros) qui ont été gelées depuis un an. Y compris les 530 00 euros de Latouche. Pour cela, je vais injecter à titre personnel 500 000 euros que j’ai empruntés cet été, avec le soutien de trois actionnaires de Lyon Mag.
Dans notre malheur, on a eu une sacré chance. Car si ce conflit avec le pdg de Fiducial avait éclaté aujourd’hui, on était mort. Vu la trouille générale. Alors qu’on est désormais en position de force : on a purgé nos comptes. Et on a une feuille de route solide pour les trois ans à venir. Bref, à Lyon Mag, on y croit. Et même si le Tribunal refuse notre plan, on repartira. En lançant un nouveau magazine. Ce qui a fait notre force jusque là, c’est la cohésion de l’équipe, quelques convictions fortes. Et un mot d’ordre simple : défendre notre indépendance.
En plus, un type nous a beaucoup aidé : Latouche lui-même. Par sa brutalité, ses manipulations, ses mensonges... Il a fini par se discréditer. L’autre jour, il a débarqué au Tribunal de commerce. Et il a insulté tout le monde avant de déraper dans un discours délirant. Merci Latouche ! Car il a démontré en une demi-heure que ce que je raconte dans mon bouquin est en dessous de la réalité.
Encore un mot. Vous avez été nombreux à m’écrire pour réagir à ce “La Mouche” qui raconte notre année de galère. Des réactions inattendues. Magistrats, patrons, avocats, journalistes... J’ai même eu droit à un journaliste du Progrès qui est venu m’interviewer ! Et dans quelques jours France Inter m’invite à une de ses émissions vedettes. Bref, le message commence à passer. J’en ai profité pour me faufiler l’autre jour à l’Elysée où Sarkozy lançait les Etats Généraux de la presse écrite. Je n’étais pas invité, mais Lyon Mag se devait d’être là. Et moi qui suis loin d’être sarkoziste, j’ai été scotché par le discours du président. Devant tous les barons de la presse, il a joué la provoc : “Réveillez-vous les gars, arrêter de pleurnicher en réclamant de subventions, faites de bons journaux...” La tête des barons, rien que pour ça, j’ai amorti mon billet de TGV. Bien sûr, je ne suis pas d’accord avec tout ce qu’a dit Sarko. Notamment avec son obsession de renforcer les grands groupes de presse nationaux, la concentration... D’ailleurs, je n’ai pas pu m’empêcher de le lui dire après son discours. En lui offrant mon bouquin, j’ai eu le temps de lui glisser quelques mots : “Si la presse veut passer le cap de cette crise, il faut qu’elle se remette en cause, qu’elle innove... Ce qui passe aussi par les petites entreprises qui sont implantées en région”. Des petites entreprises qui demandent simplement à être traitées comme les grands groupes. Et non pas écrasées par les monopoles en maître qui règnent dans toute la France.
Et j’ai conclu en lançant au président : “Si vous voulez comprendre, lisez mon bouquin”. Sarko m’a promis qu’il le lirait. J’ai failli lui glisser que c’était sans doute une promesse qu’il ne tiendrait pas. Une de plus ! Mais j’ai fermé ma gueule. En un an, j’aurai au moins appris ça. A la fermer de temps en temps.
Mais le lendemain, avec le petit syndicat dont je suis le secrétaire général (FPMR), je lui ai envoyé nos 10 propositions. Un feuillet. Dix mesures simples à mettre en œuvre. Et efficaces. Peut-être qu’il a jeté un œil. Pas sûr.
En attendant, je me suis remis au travail. Pour préparer Lyon Mag à traverser la tempête qui s’annonce. On a trouvé quelques idées sympa. Et on bosse sur notre nouvelle formule qu’on va lancer en janvier. La crise ? Les Chinois positivent ce mot catastrophe en mettant en valeur l’essentiel : une crise, c’est une occasion unique de se remettre en cause pour rebondir.









Commentaire
nat69
Rachel Le Labousse
Ditirambik
AJUJU
Pierre69
Battling's Friend