Au parti socialiste, le spectacle est assez lamentable. C’est une évidence. Et pour Lyon c’est au fond une bonne chose que Gérard Collomb soit resté assez discret au cours de ces derniers jours.
Bien sûr, à Reims, il est intervenu juste avant Ségolène Royal, prononçant un discours assez musclé sur la différence droite-gauche. Mais il n’a pas cédé aux surenchères gauchistes qui généralement rythment ces congrès socialistes pour flatter les militants de base.
Reste à dresser le bilan de cet engagement du maire de Lyon dans cette bataille du PS. Car depuis six mois, il s’est investi à fond. Et même si à Lyon, on commence à grogner contre ces absences de Collomb, le bilan n’est pas aussi nul que ça. Pour trois raisons :
- D’abord parce qu’il a évité le pire en ayant la sagesse de retirer sa liste qui réunissait les barons locaux du PS. Car il aurait sans doute réalisé un score autour de 5%. Pragmatique comme toujours et cohérent avec son engagement de la présidentielle, il a rejoint Ségolène Royal qui est arrivée en tête au premier tour à la surprise générale. Et qui aurait dû être élue au deuxième tour, si ses adversaires qui tiennent le parti n’avaient pas employé tous les moyens pour la stopper, y compris la fraude.
- Ensuite, il faut reconnaître que Collomb n’a jamais dévié de sa ligne centre-gauche en défendant une ligne assez claire, celle d’un Parti socialiste plus moderne, plus ouvert... Ce qui lui a permis d’éviter le grand écart entre un discours modéré à Lyon et intransigeant à Paris.
- Enfin les médias nationaux ont été parfois durs avec lui, en le traitant avec une certaine condescendance, mais Collomb a tout de même fait passer une message : au-delà des grands discours idéologiques, il y a la réalité du terrain. C’est à dire les attentes bien concrètes des électeurs. En tant que maire de Lyon, il avait la crédibilité pour le faire face aux apparatchiks enfermés dans leur bulle médiatique.
Reste à savoir si Collomb va poursuivre son aventure au cœur de ce parti socialiste divisé, déstabilisé et profondément discrédité dont il s’est tenu longtemps à distance. Car le risque pour le maire de Lyon c’est de casser son image centriste. Et d’agacer ses électeurs lyonnais qui sont d’abord et avant tout des modérés donc des zappeurs politiques. Sans parler des élus qui l’ont rejoint en affichant leur sensibilité centriste voire en se déclarant tout simplement sarkozistes, comme son adjoint aux finances. Un cocktail très lyonnais mais instable. Car la crise est là, les problèmes aussi. Grand stade, prolongement du périphérique, Confluent... Le tout avec un budget de rigueur. Inutile de dire que Collomb aura besoin de réaffirmer son pragmatisme pour résoudre un certain nombre d’embrouilles. Donc de prendre ses distances avec cette “chienlit” du PS.
D’ailleurs l’échéance pour lui ce n’est pas la prochaine présidentielle, mais les prochaines municipales de 2013 car il se représentera, c’est évident. Mais dans un contexte très différent. Après deux mandats, il y aura l’usure du pouvoir, forcement... Et une droite lyonnaise qui, on espère pour elle, aura su se reconstruire en faisant émerger de nouvelles têtes. Sans parler du centre qui en aura peut-être marre de jouer les supplétifs.









Commentaire
Jonathan
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Pierre69
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Une femme de gauche
David FITOUSSI
Blogapart
UNE ELECTRICE DE GAUCHE
C'est bon pour la démocratie