Un scandale, évidemment. L’interpellation de l’ex-patron de Libération chez lui, menotté devant ses enfants, fouillé et refouillé... Tout ça pour une broutille. La volonté d’humilier. Et que ça serve de leçon à tous les journalistes.
Mais il ne faut pas simplement accuser les quelques flics qui ont organisé cette descente, ni même le juge d’instruction qui a décidé froidement. Car cette affaire aurait été impossible si les uns et les autres n’avaient le sentiment qu’ils pouvaient y aller, qu'ils ne risquaient rien. Il faut dire que matraquer les journalistes c’est dans l’air du temps. Parce qu’au sommet, on méprise cette “racaille”. Et pas simplement à l’Elysée. Tous les décideurs ou presque sont sur la même longue d’onde et ils répètent en chœur : les journalistes sont incompétents, malhonnêtes, irresponsables... Et ils tentent d’imposer cette petite musique dans l’opinion.
Voilà pourquoi ces décideurs n’ont qu’une idée en tête : contrôler les médias pour les neutraliser. Et pour ça ils ont une arme fatale : l’argent. D’ailleurs la machine est en marche et rare seront les médias qui échapperont à ce bulldozer du fric.
Normal au fond que les décideurs n’aiment pas les journalistes car leur rôle c’est justement d’exercer un contre-pouvoir. Et ces décideurs n’arrivent pas à accepter cette contradiction. Pourtant c’est la base de la démocratie. Et c’est d’ailleurs assez révélateur cette remise en cause systématique des journalistes. Un peu comme à la veille de la Seconde Guerre mondiale, on brûlait les livres. Inquiétant.
On cherche aujourd’hui des solutions techniques à la crise profonde qui touche la presse. Mais le problème est d’abord moral. Car cette crise est d’abord une crise de confiance. Et pour ça il faut que les journalistes reprennent le pouvoir dans leurs médias face aux gestionnaires et aux marketeurs qui ont fait la preuve de leur incompétence. Un vrai défi pour les journalistes. Car cela exige pour eux d’être exemplaires !









Commentaire
Stroy
Michel
Stroy
Le Cors@ire
la loi, rien que la loi
ERDE
piéric
Edgar
David FITOUSSI
1 lyonnais énervé