01-12-2008

Le blog de Philippe Brunet-Lecomte

Un scandale, évidemment. L’interpellation de l’ex-patron de Libération chez lui, menotté devant ses enfants, fouillé et refouillé... Tout ça pour une broutille. La volonté d’humilier. Et que ça serve de leçon à tous les journalistes.

Mais il ne faut pas simplement accuser les quelques flics qui ont organisé cette descente, ni même le juge d’instruction qui a décidé froidement. Car cette affaire aurait été impossible si les uns et les autres n’avaient le sentiment qu’ils pouvaient y aller, qu'ils ne risquaient rien. Il faut dire que matraquer les journalistes c’est dans l’air du temps. Parce qu’au sommet, on méprise cette “racaille”. Et pas simplement à l’Elysée. Tous les décideurs ou presque sont sur la même longue d’onde et ils répètent en chœur : les journalistes sont incompétents, malhonnêtes, irresponsables... Et ils tentent d’imposer cette petite musique dans l’opinion.
Voilà pourquoi ces décideurs n’ont qu’une idée en tête : contrôler les médias pour les neutraliser. Et pour ça ils ont une arme fatale : l’argent. D’ailleurs la machine est en marche et rare seront les médias qui échapperont à ce bulldozer du fric.
Normal au fond que les décideurs n’aiment pas les journalistes car leur rôle c’est justement d’exercer un contre-pouvoir. Et ces décideurs n’arrivent pas à accepter cette contradiction. Pourtant c’est la base de la démocratie. Et c’est d’ailleurs assez révélateur cette remise en cause systématique des journalistes. Un peu comme à la veille de la Seconde Guerre mondiale, on brûlait les livres. Inquiétant.
On cherche aujourd’hui des solutions techniques à la crise profonde qui touche la presse. Mais le problème est d’abord moral. Car cette crise est d’abord une crise de confiance. Et pour ça il faut que les journalistes reprennent le pouvoir dans leurs médias face aux gestionnaires et aux marketeurs qui ont fait la preuve de leur incompétence. Un vrai défi pour les journalistes. Car cela exige pour eux d’être exemplaires !

 

Commentaire

Stroy

Michel, perso moi j'aimerais que les journalistes fassent du journalisme et pas de la désinformation comme c'est trop souvent le cas^^.

Michel

Il ne faut pas trop délirer. Même si ce journaliste n'avait pas répondu à ses convocations, un policier aurait pu insister poliment. Car ce qui lui est reproché, cela n'a rien à voir avec ce qu'on peut reprocher à un simple citoyen. On le poursuit pour une vague histoire de commentaires sur son site qu'un opérateur internet a jugé diffamatoire. En quoi cela nécessite une convocation chez un policier ou un juge ?! triple buse ! En plus, si vous creusez un tout petit peu le droit de la presse, vous apprendrez qu'un juge n'a aucun pouvoir sauf de vérifier l'identité des auteurs de la diffamation. Ce qui peut être utile pour internet mais cela passe par une recherche informatique, pas par une interpellation musclée avec fouille au corps ! Car, de toutes façons, le patron d'un journal est toujours poursuivi puisque selon la loi sur la presse de 1881 (et oui il y a 127 ans), le directeur de la publication et l'auteur d'un article sont toujours présumés coupables. A eux de démontrer leur bonne foi. Donc le juge n'e peut rien faire contre eux sauf les renvoyer devant le tribunal. Ni les accabler ni les innocenter. A moins de leur faire peur pour avoir leurs sources ? Bref, toutes ces postures sur le journaliste qui se croit au-dessus des lois, c'est hors sujet ! D'ailleurs, si un journaliste prend des risques, c'est pour informer ses lecteurs. Vous voudriez quoi ? Que les journalistes s'autocensurent encore plus en France ?

Stroy

'fin juste comme ça ils ont pas totalement tord d'estimer les journalistes incompétent ou malhonnête, bon c'est clair que c'est pas le cas de tous mais quand on lit des information à droite ou à gauche ont voit qu'il y a toujours un partie pris, une très importante part de subjectivité, or à mon sens c'est pas du journalisme ça. Après pour ce qui est de faire des descentes arbitrairement chez les journaliste qui posent les mauvaises question... c'est effectivement très moyen, mais bon tant que le nabot complexé sera à l'élysée faudra pas s'attendre à autre chose.

Le Cors@ire

Un des fondements du Droit dispose que "nul ne puit se prévaloir de ses propres turpitudes". La conséquence est que cette arrestation est tout simplement logique, légale et conforme au Droit car ce brave Monsieur a "omis" de se présenter au Juge après avoir reçu 3 convocations. Nul n'est au-dessus de la Loi, même pas un Journaliste. DURA LEX SED LEX ...

la loi, rien que la loi

La loi, fondement de la démocratie s'applique à tous, aux simples citoyens comme aux journalistes. Personne ne conteste qu'elle a été appliquée ici sans erreur de droit, le juge étant autorisé à user de son pouvoir de contrainte (le mandat d'amenée) si un citoyen refuse à se rendre à une convocation. Au lieu de se livrer à un réflexe pavlovien du type "un journaliste est forcément une victime innocente qui a toujours raison" il faut peut être se poser la question de savoir si la loi qui a été appliquée dans ce cas est justifiée ou non dans ses principes. Si elle ne l'est pas, il faut la supprimer ou la modifier. En l'espèce c'est une loi du 29 juillet 1881 (oui, 1881...), qui sanctionne de peines très lourdes (jusqu'à un an de prison plus une amende de 45.000€) la diffamation par voie de presse. Par une utilisation abusive de cette loi répressive, certaines personnes bien informées disposent du moyen de faire taire un journaliste en le poursuivant au pénal pour diffamation. La procédure pourra ne pas aboutir mais les sanctions encourues sont assez graves pour qu'un journaliste réfléchisse avant de qualifier d'escroc un escroc. Il faut donc sans doute modifier la loi et trouver le bon équilbre entre la liberté de la presse, le souci de la vérité et le respect des personnes.

ERDE

Les réponses des lecteurs du blog de PBL sont majoritaires pour lui dire leur désaccord quant à son propos sur "l'affaire" Filippis. D'autant plus que certains faits décrits ne sont pas avérés au final... Le corporatisme est ainsi, une fois de plus, mis en avant avec excès. Et ce ne sont pas les explications de Filippis hier soir sur Canal + qui m'ont convaincu de sa bonne foi, pleine et entière. Vouloir "bouffer" du pouvoir tous les jours c'est lassant ! "Un vrai défi pour les journalistes. Cela exige pour eux d'être exemplaires !... Ce final du blog de PBL a par contre tout mon soutien. Et cela vaut pour les policiers, les magistrats, les politiques, etc...

piéric

Toujours étonnant de voir une corpo qui se rebiffe Quelle énergie dépensée pour stigmatiser une situation pour laquelle les victimes (journalistes) ne lèveraient pas un doigt s'il s'agissait d'une autre profession. Malheureusement la loi s'applique à tous. Quand on refuse de se présenter à une énième convocation, la loi impose une procédure manu militari en déplaise à certains. A mon tour je stigmatise vos frustrations. Mais personne n'est au dessus des lois. Quant à savoir si les policiers ont dépassés les bornes, ils conviendraient de fonder son point de vue à partir d'informations provenant de différentes sources. Si, et comme je le crains, elles ne proviennent que de la seule personne interpellée, la vérité est tronquée par manque de sources.

Edgar

"A la veille de la Seconde Guerre mondiale, on brûlait les livres". Vous n'avez pas l'impression de nous prendre pour des abrutis ? Nous ne sommes pas dans un Etat nazi ! Ce journaliste gauchiste (pléonasme) a eu ce qu'il méritait compte tenu de son comportement et de sa non réponse aux convocations de la justice.

David FITOUSSI

En France, les lois sont votées par les parlementaires qui sont les représentants des citoyens. Le mandat des députés n'est, certes pas, un mandat impératif (au sens de la constitution française)(ce qui veut dire qu'une fois élu, le député, élu national, n'a, théoriquement, aucun compte à rendre à ses électeurs). Les sénateurs, au sens de la même constitution, représentent les collectivités locales. La procédure pénale, puisque, potentiellement, attentatoire à la liberté individuelle; relève du domaine de la loi. De fait, les dispositions de procédure pénale, dépendent, directement, de l'actvité parlementaire. Par conséquent, nos parlementaires sont seuls responsables des dispositions à caractère législatif en vigueur. Une disposition de ladite procédure pénale prévoit que lorsque une personne est convoquée devant un juge d'instruction, et qu'elle ne se présente pas, elle peut faire l'objet de ce que l'on appelle un "Mandat d'amenée". En l'espèce, l'ancien Directeur de la Publication du journal LIBERATION qui, es-qualité, a autorisé la publication, lorsqu'il était en fonction, d'un article présenté par la partie civile, comme diffamatoire, avait, simplement, et à plusieurs reprises, refusé de répondre aux convocations du Magistrat-Instructeur. Par conséquent, le magistrat a, usant de prérogatives autorisées par loi de procédure pénale, demandé aux forces de l'ordre d'aller chercher ce citoyen, qui, a pu penser, que sa qualité, sa notoriété, ses relations peut-être, pouvaient le placer au-dessus de la loi républicaine. Au niveau local, nous attendons, avec grand intérêt, la réaction de nos parlementaires, au premier rang desquels figure le Sénateur Gérard COLLOMB et les députés Jean-louis TOURAINE et Dominique PERBEN.

1 lyonnais énervé

mr v de fillippis avait reçu 3 convocations par la justice !! ce qui lui est arrivé n'a rien de scandaleux!! mauvais journalistes !!
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