Ce mercredi, le groupe CMA CGM et ses partenaires ont lancé officiellement les opérations du Lyon Rhône Terminal. Objectif affiché : doubler le trafic fluvial et ferroviaire en investissant 40 millions d’euros sur cinq ans. Mais comment convaincre les entreprises de miser sur ces alternatives au camion, jugées plus complexes ?
"Le fleuve n’est pas assez exploité"
Actuellement, 80 % des conteneurs passent par la route, 15 % par le rail et seulement 5 % par le fleuve. "Quand on voit cette proportion de 5 % sur le trafic fluvial, quand on voit la puissance du Rhône et ce qu’il représente, c’est un peu dommage de ne pas s’en servir plus", déclare Christine Cabau-Woehrel, vice-présidente exécutive du groupe CMA CGM, en charge des opérations et des actifs.
L’enjeu est donc clair : "Il faut qu’on essaye de proposer des solutions aux entreprises pour qu’elles se demandent pourquoi elles ne font pas plus de fluvial ou de ferroviaire." Un chantier colossal, tant le camion reste perçu comme la solution la plus flexible et réactive. "Ils vont se dire que c’est plus compliqué, et bien non, nous, on va essayer de faire en sorte que ce soit moins compliqué, que ce soit complètement fiable et le plus compétitif possible."
40 millions d’euros pour transformer le port
Pour rendre cette transition attractive, CMA CGM déploie un plan en plusieurs phases. Premier chantier : créer une nouvelle plateforme de stockage de 3 hectares pour massifier les flux et optimiser la gestion des transports multimodaux. Suivront la construction de deux nouvelles voies ferrées, la modernisation des infrastructures et l'électrification progressive des équipements de manutention. "Décarbonisation, digitalisation, renforcement des infrastructures et fluidification de l’ensemble", résume Christine Cabau-Woehrel.
Un projet d’envergure qui repose aussi sur un travail collectif. "C'est à nous de faire comprendre, de rendre cela attractif et de mettre en place les services dont auront besoin les entreprises, c’est pour ça que la première chose qu’on va faire, c’est aller les voir. On compte également beaucoup sur le soutien de la Région, de l’État, de la Ville et de la Métropole de Lyon. Pour ce type de projet, jouer collectif, c'est indispensable." CMA CGM espère ainsi porter la capacité du port de 60 000 à 120 000 conteneurs.
Un modèle encore à prouver
Malgré cet optimisme affiché, le report modal reste un défi. "On a tous envie de dire moins de camions sur les autoroutes, très bien, on arrête de le dire, maintenant on le fait." Mais pour que les entreprises suivent, il faudra leur apporter des garanties : "Le sujet, ce n’est pas d’être en concurrence avec la route. Si vous êtes une entreprise qui a besoin d’emmener des marchandises vers un port, vous allez peut-être choisir la route pour l’urgence, mais vous pourrez aussi utiliser un mode moins impactant environnementalement et mieux structuré."
CMA CGM mise donc sur son expertise pour "accélérer un peu sur ces sujets de report modal". Reste à voir si les entreprises lyonnaises, elles, seront prêtes à franchir le pas.
Ça ce ne serait pas idiot, il y aurait moins d'embouteillages, moins de routes défoncées, moins de pollution en ville.
Signaler RépondreEt la souffrance auditive et visuelle des poissons avec cette circulation de navires , on n'en parle pas ?
Signaler RépondreTout ça me rappelle, quand j'étais jeune et qu'on parlait du rail-route. Le principe mettre sur des trains les camions qui ne font que traverser le territoire. C'était une bonne proposition, et des opérateurs privés et publics ont investi dans des portiques à cet effet. Mais devant le lobbying des pétroliers, des autoroutes et des élus, ce projet est tombé à l'eau.
Signaler RépondreMaintenant, je suis comme Saint Thomas, je ne crois que ce que je vois !!!!
c'est Dominique Voynet qui avait fait capoter le projet en 97 lorsqu'elle était ministre de l'Aménagement du territoire et de l'Environnement et députée de la troisième circonscription du Jura ... va comprendre Charles ...
Signaler RépondreAllons, allons, chez ami, il suffit de lire les commentaires ici tous les jours pour savoir qu'il n'y a PAS de changement de climat, c'est un délire en d'écolos bobos.
Signaler RépondreIl faut ouvrir la liaison Rhin Rhône. Cela permettra un véritable trafic.
Signaler RépondreC'est un pari perdu d'avance, le Rhone va perdre en débit est des proportions de plus en plus grandes seront durement navigables durant certaines période, on peut déjà voir le cas du Rhin qui lors de certains épisodes de sécheresse présente des problèmes.
Signaler RépondreBelle réaction qui ne répond pas sur le fond.
Signaler RépondreExpliquez nous en quoi la solution du transport fluvial est compétitive ?
Elle ne l'est pas, puisque l'article dit que la CMA CGM attend le soutien PUBLIC de la Région ET de la Métropole, et que l'idée n'est pas de faire concurrence à la route.
Donc, je renouvelle la question : est ce au contribuable de payer pour une solution aberrante sur le plan logistique et économique ? Et si oui, en avons nous les moyens ?
Je paye la taxe foncière, ce n'est pas pour jeter littéralement le fric à l'eau
les ecolos vont dire que ça gene la biodiversité dans le fleuve.
Signaler RépondreIl suffit de redévelopper le commerce local et on aura moins besoin de transporteurs
Signaler RépondreEt allez, encore un néconomiste de génie pour nous expliquer qu'il ne faut SURTOUT PAS s'attaquer à la Sainté Trinité (Bagnole, Camion, Route).
Signaler RépondreQuelle chance on a sur LM, quelle que soit une proposition, elle est dézinguée en vingt mots par nos experts maison.
Un pari ? Un pari perdant en ce cas.
Signaler RépondreCar parler de report de trafic sur le fluvial tout en admettant d'emblée que le transport fluvial n'est pas compétitif par rapport à la route, voilà qui laisse songeur.
On est typiquement dans des mesures de verdissement d'image, avec j'imagine des subventions publiques ou des crédits d'impôt a la clé.
Je m'attends à ce que le contribuable y soit encore de sa poche pour financer ces inepties idéologiques.
Demain, une subvention pour remplacer les moteurs de camions par des chevaux nourris au foin bio ?