On savait le représentant de l’Etat très impliqué dans les dossiers
routiers ou ferrés, mais peut-être pas à ce point-là. Lundi matin,
devant une dizaine de journalistes de presse locale, Jean-François
Carenco s’est fermement opposé à la réalisation d’un COL, un
contournement ouest de Lyon. "J’y suis défavorable", commente le
préfet du Rhône, "c’est un mythe, ça ne se fera jamais. Ce n'est ni
faisable, ni réalisable, ni finançable." Le COL, qui est notamment
demandé par Gérard Collomb et le Grand Lyon, permettrait selon ses
défenseurs de délester l’A7 et de la requalifier en boulevard urbain.
Pas pour le préfet Carenco, pour qui le projet "implique des études
couteuses, le percement de tunnels notamment sous le mont Pilat et des
milliards d’euros d’investissements que l’Etat n’a pas." Et
Jean-François Carenco a réaffirmé sa volonté de réaliser un
contournement mais à l’est de l’agglomération. L’A 432, qui relie déjà
Les Echets à Saint-Laurent-de-Mure, serait alors une amorce à ce projet,
qui passerait par le Nord Isère et qui pourrait déboucher autour de
Vienne, là aussi pour délester l’A 7 et l’agglomération lyonnaise du
trafic important de poids lourds.
Sur le bureau de Jean-François Carenco se trouvent aussi de nombreuses
décisions de transports, qui doivent améliorer à plus ou moins long
terme la circulation à Lyon. Concernant l’A 45, le préfet a confirmé que
l’appel d’offres devrait être lancé par l’Etat avant la fin de l’année
2012. "Je fais ce qu’on me demande", affirme-t-il, et confirmant aussi "une actualisation du budget de 10%", soit une enveloppe nécessaire
de 770 millions d’euros pour cette nouvelle autoroute reliant Lyon à
Saint-Etienne, au lieu des 700 millions prévus au départ. Sur le plan de
travail préfectoral se trouve également les autorisations pour la mise
en service de l’A 89, entre La Tour de Salvagny et Balbigny, d’ici la fin
de l’année, et la signature pour l’automne prochain de la déclaration
d’utilité publique de la partie nord du Contournement ferroviaire de
l’agglomération lyonnaise (le CFAL). Une signature qui interviendra en
même temps que le choix définitif du tracé sud, qui doit déboucher au
sud du Rhône.
Enfin le dernier dossier suspendu jusqu’à signature, c’est la
création du Pôle métropolitain. Cette association de quatre communautés
urbaines ou d’agglomération (Lyon, Saint-Etienne, Bourgoin-Jallieu et
Vienne) doit à terme chapeauter sur certaines compétences des devoirs de
ces agglos. "L’arrêté de création est sur mon bureau", concède encore
une fois Jean-François Carenco, "et je le signerai au tout début
avril." Cette approbation devrait ensuite permettre d’avancer sur la
réflexion d’un grand syndicat de transport à échelle régionale et qui
regrouperait les quatre agglomérations, mais aussi l’Ain, l’Isère, la
Loire, le Rhône et la région Rhône-Alpes. "Un système de type SRU",
explique le préfet, qui affirme que le Sytral, le syndicat des
transports lyonnais, ne disparaîtra pas. "Il est normalement prévu que
le périmètre du Sytral s’élargisse aux communes volontaires, dès que le
département du Rhône en sera sorti", détaille ensuite le personnage
d’Etat. Celui-ci donne d’ailleurs une dernière précision sur ce nouveau
syndicat : sur les 64 membres qui le constitueront, 21 membres
représenteront le Grand Lyon.
"c’est un mythe, ça ne se fera jamais. C’est ni faisable, ni réalisable, ni finançable." C'est une bonne définition des ambitions à la Ceausescu du Régime Collomb.
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