Décembre 2008
“Il y a eu une déflagration, le recul de l’arme, un corps traversé de décharge électrique, et qui a tressauté, s’est tordu dans tous les sens, puis est tombé à terre. C’était mon premier mort. Un Allemand.” C’est avec le récit de ce premier “Boche” abattu que le destin de Victorien Mars va basculer. Cet horloger de Bellecour avait été mobilisé comme des millions d’autres jeunes français en août 1914. Il est allé se battre. Sans conviction. Sans vraiment se rendre compte qu’il partait pour l’enfer. La boue, les amis qui tombent, la peur, la faim, les humiliations, la boucherie. Et les gradés qui envoient leurs hommes à l’abattoir.
“Les Carnets de guerre de Victorien Mars”, le dernier roman du Savoyard Maxence Fermine, rappelle que cette Grande Guerre n’a pas simplement été celle des héros. Elle était avant tout celle d’hommes simples parfois commandés par de véritables assassins qui pouvaient tuer et faire tuer en toute impunité. Un récit facile à lire. Mais bouleversant. Et surtout essentiel 90 ans après la fin de cet effroyable conflit qui a fait plus de 15 millions de morts.
“Les Carnets de guerre de Victorien Mars” de Maxence Fermine. 186 pages aux éditions Albin Michel. 15 euros.